Définition de "technocrate" issue du Petit Robert
Définition de "technocrate" issue du Petit Robert
Définition de "technocrate" issue du Petit Robert - Le Robert
Définition de "technocrate" issue du Petit Robert - Le Robert
Définition de "technocrate" issue du Petit Robert - Le Robert
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Résumé

Après la nomination d'Elisabeth Borne à Matignon, commentateurs et personnalités politiques ont beaucoup insisté sur son profil de technocrate. Mais qu'est-ce qu'un.e ministre technocrate ? Les opposer aux ministres "politiques" a-t-il un sens ?

avec :

Lucile Schmid (Essayiste, femme politique, elle a été élue socialiste puis écologiste dans les Hauts-de-Seine), Jean-Michel Eymeri-Douzans (Professeur de science politique, directeur du master international Conseil et expertise en action publique (CEAP) de Sciences Po Toulouse).

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A peine nommée à Matignon, la première ministre Elisabeth Borne a été qualifiée du substantif généralement péjoratif "technocrate". Pourtant, si elle est polytechnicienne et qu’elle a longtemps été collaboratrice de ministre, elle a exercé elle-même cette fonction à trois reprises ces cinq dernières années. 

Est-ce à dire que la haute fonction publique et les grandes écoles marquent à jamais celles et ceux qui y passent et à qui on attribue le qualificatif de technocrate ? 

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En quoi s’opposent-ils aux ministres dits politiques ? Pourquoi ce terme inventé dans les années 1930 par ceux qui exigeaient de l’Etat qu’il soit efficace s’est-il paré d’une aura de froideur et d’inhumanité ? 

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit : Jean-Michel Eymeri-Douzans professeur de science politique, directeur du master international Conseil et expertise en action publique (CEAP) de Sciences Po Toulouse, et Lucile Schmid, haut fonctionnaire et ancienne élue, co-fondatrice du think tank La Fabrique écologique. 

Jean-Michel Eymeri-Douzans : "La France de la Ve République a inventé le ministre technicien (...) Depuis 1958 notre pays est co-gouverné par les hauts fonctionnaires et les hommes politiques élus, et les gouvernements de la France sous les présidents successifs reflètent cela. Ensuite, il y a un équilibre qui bascule de plus en plus, on le sait, vers l'hyper-présidentialisation et à partir du moment où l'on a hyper-présidentialisation on a subordination croissante du premier ministre et donc, effectivement, madame Borne a de nombreux points communs avec Jean Castex à cet égard et l'on est sur un profil assez différent de celui du premier premier ministre, Edouard Philippe et aussi de beaucoup d'autres hommes politiques, ténors politiques français qui étaient passés par l'Ena, et qui sont ensuite entrés en politique très vite, via un passage en cabinet ministériel, de Laurent Fabius à Alain Juppé, en passant par Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac."    

Lucile Schmid : "Lorsque vous réussissez ces concours de grandes écoles (...) on n'imagine pas comment la société française peut ensuite dire que vous appartenez à un certain type d'élite et que ça veut donc dire que vous êtes séparé(e) des autres. Et lorsqu'ensuite vous affichez des convictions politiques mais que vous n'avez pas été élu(e), que vous n'avez pas l'onction du suffrage universel, vous continuez à être qualifié(e) de technocrate alors qu'au fond vous avez choisi un parcours différent de celui du haut fonctionnaire classique."  

Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Rémi Baille
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Thomas Jost
Réalisation
Chloë Cambreling
Production déléguée
Mathias Mégy
Collaboration
Juliette Mouëllic
Collaboration