Ursula von der Leyen et Josep Borrell à Boutcha, au nord-ouest de Kiev, le 8 avril 2022.
Ursula von der Leyen et Josep Borrell à Boutcha, au nord-ouest de Kiev, le 8 avril 2022.
Ursula von der Leyen et Josep Borrell à Boutcha, au nord-ouest de Kiev, le 8 avril 2022. ©AFP - SERGEI SUPINSKY
Ursula von der Leyen et Josep Borrell à Boutcha, au nord-ouest de Kiev, le 8 avril 2022. ©AFP - SERGEI SUPINSKY
Ursula von der Leyen et Josep Borrell à Boutcha, au nord-ouest de Kiev, le 8 avril 2022. ©AFP - SERGEI SUPINSKY
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Résumé

Dès le début de la guerre, la réaction de l'Europe fut inédite par son intensité et sa latitude. Aujourd'hui, des limites sur les sanctions et les aides se posent notamment sur le gaz et l'armement. Dans un même temps, la réélection de Viktor Orban ravive le conflit sur les valeurs de l'Union.

avec :

Florent Parmentier (Secrétaire général du CEVIPOF/ Sciences Po, chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC.), Elsa Bernard (professeure agrégée de droit public à l'université Lille 2, spécialiste de droit de l'Union européenne, des droits fondamentaux européens et des rapports entre ordres juridiques), Daniela Schwarzer (Directrice exécutive pour l’Europe et l’Eurasie de l’Open Society et Membre du Conseil d'administration de l'Institut Jacques Delors).

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« Certaines semaines peuvent ressembler à des décennies », écrivait début mars Josep Borrell pour décrire le chemin parcouru par l’union européenne dans les premiers  jours ayant suivi l’invasion russe en Ukraine. L’UE a en effet réagi vite et fort, de manière coordonnée : sanctions financières inédites, financement des livraisons d’armes, protection temporaire pour les réfugiés ... Au niveau de l’Union mais aussi au sein des Etats membres , des tabous ont sauté.

Mais bientôt deux mois après le début de cette guerre, et face aux atrocités commises,  se pose la question du niveau de réaction dans la durée.  Sur les livraisons d’armes, sur la possibilité d’un embargo sur le gaz russe , les  positions ne sont pas alignées. Sans oublier les divisions sur l’état de droit et les valeurs,  que le triomphe de Viktor Orban il y a quinze jours a ravivé ; et sans oublier non plus que la France -qui assure la présidence tournante du conseil de l’union européenne- est suspendue au résultat du second tour de la présidentielle ...

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En savoir plus : "Europe"

Pour ce débat, Chloë Cambreling reçoit Elsa Bernard, professeure agrégée de droit public à l'université Lille 2, spécialiste de droit de l'Union européenne, Florent Parmentier, secrétaire général du Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) et chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC et Daniela Schwarzer, directrice exécutive pour l'Europe et l'Eurasie de l'Open Society et directrice du département Intégration européenne à l'Institut allemand pour les Affaires internationales et de sécurité (SWP) depuis 2005.

Elsa Bernard souligne la forme d'unité européenne qui se met progressivement en place : "Ce sont les Etats membres qui décident en dernier lieu, il faut une unanimité des Etats, ce qui explique les difficultés rencontrées, par exemple la semaine dernière par les Ministres des affaires étrangères de l'UE qui ont discuté d'un sixième paquet de sanctions contre la Russie et ont réalisé que le consensus devenait de plus en plus difficile à trouver. (...) Dès le début de la guerre, les Etats membres ont décidé de mobiliser un outil financier qui n'avait jamais encore été utilisé, la "facilité européenne pour la paix" (...) On avance vers une forme d'unité, tout d'abord la défense européenne qui était la politique endormie, a été subitement réveillée."

Florent Parmentier met en lumière les fondements des sanctions contre la Russie, et la nécessité d'une défense de l'Europe rapide et massive : "Il y aura des discussions sur comment faire concorder les différentes valeurs. (...) Il faut se demander si l'arrêt des achats de gaz et de pétrole conduira automatiquement à la fin des combats. Non, mais elle y contribue. Il y a un fondement moral aux sanctions, mais c'est aussi une question d'organisation en interne, et celle de savoir dans quelle mesure on peut rendre ces services les plus efficaces possibles pour l'arrêt des hostilités le plus rapidement possible. (...) L'Union européenne doit agir vite, massivement, de manière ciblée. (...) Pour le moment, l'heure est à la défense de l'Europe."

Daniela Schwarzer note l'ampleur des défis internationaux face à l'Union européenne, et la nécessité de renforcer les sanctions pour préserver la paix et la démocratie : "Nous sommes dans un conflit qui oppose à première vue la Russie à l'Ukraine, mais il y a plusieurs leaders européens qui ont donné un cadre à ce conflit en disant que l'Ukraine défend la démocratie et la liberté sur notre continent. Il est d'autant plus important que l'UE en interne démontre que ces valeurs sont sauvegardées, qu'il y a des outils importants pour les défendre. (...) L'Europe est-elle au point des défis internationaux ? Ma réponse serait non. L'Allemagne, la France, les autres Etats membres doivent prendre leurs responsabilités pour avancer une Europe souveraine. (...) Il y a toujours la possibilité de renforcer les sanctions. Il s'agit d'imposer le coût maximal au régime de Poutine face à ses actes horribles, et faire tout pour renforcer la capacité de l'Ukraine pour se défendre, d'où l'importance des livraisons d'armes. (...) Ce n'est pas qu'une guerre qui concerne l'Ukraine mais aussi une attaque frontale aux valeurs européennes, au système démocratique."

À lire aussi : Faut-il s'engager à faire adhérer l'Ukraine à l'Union européenne ?

Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Rémi Baille
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Thomas Jost
Réalisation
Chloë Cambreling
Production déléguée
Mathias Mégy
Collaboration
Juliette Mouëllic
Collaboration