"Au musée du dégoût" : la tarentule grillée,  un plat cambodgien exposé au festival Les tables de Nantes 2019 - ©Disgusting Food Museum
"Au musée du dégoût" : la tarentule grillée, un plat cambodgien exposé au festival Les tables de Nantes 2019 - ©Disgusting Food Museum
"Au musée du dégoût" : la tarentule grillée, un plat cambodgien exposé au festival Les tables de Nantes 2019 - ©Disgusting Food Museum
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Résumé

Direction "les Tables de Nantes", la manifestation qui pense les assiettes d’aujourd’hui et de demain, avec des conférences, des ateliers, des débats et une exposition, véritable temps fort de cette édition: "Disgusting Food Museum : la dimension culturelle de l'alimentation". Visite guidée.

avec :

Gervaise Debucquet (ingénieure agronome et chercheuse en Sciences sociales et alimentation, professeure et chercheur à Audencia).

En savoir plus

C'est une exposition qui ne peut laisser personne indifférent, ne serait-ce que (et c’est bien la première fois) parce que le ticket d’entrée est un sac à vomi… Mais comme nous sommes ouverts d’esprit aux "Bonnes Choses" et que nous ne manquons pas d’humour, nous avons dominé nos émotions et joué le jeu, qui est néanmoins très sérieux puisque les commissaires ont disposé sur des tables quatre-vingt des aliments les plus dégoûtants du monde afin de montrer la dimension culturelle de l’alimentation. Nous ne sommes pas en reste, nous Français qui avons déjà dans nos assiettes escargots, andouillettes, grenouilles, étrilles, huîtres, époisse, maroille et autres mets jugés particulièrement immangeables par d’autres; mais quand vous vous retrouvez face à un hareng de la mer baltique fermenté dans de la saumure pendant six mois, un plat que les Suédois dégustent avec du pain plat, des pommes de terre et des oignons mais exclusivement en extérieur tant l’odeur est insoutenable, devant une tarentule grillée croustillante à l’extérieure mais gluante au milieu dont les Cambodgiens raffolent ou que vous devez goûter un alcool de glande anal de castor, vous faites moins les fiers… Petit tour du monde des plats extrêmes !

Avec Gervaise Debucquet, ingénieure agronome et chercheuse en psycho-sociologie de l'alimentation :

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Le dégoût est un fonction de survie. 

Un aliment pourri ou corrompu a une odeur absolument détestable. Le dégoût par l'odeur est une fonction de survie qui est pratiquement innée. Ce sens olfactif est une façon de se protéger de empoissonnement et de l'intoxication alimentaire. Les odeurs âcres, ammoniaquée, acides, amères sont des signaux olfactifs qui nous empêchent de manger un aliment. Mais les signaux se construisent également en fonction de la culture alimentaire à laquelle on appartient. 

On peut toucher, goûter, sentir des aliments qui ont parfois une image négative dans nos représentations et cette exposition est un jeu de miroir qui nous renvoie à nos propres choix alimentaires, ce dont-on a pas forcément conscience. 

Certains aliments sont davantage consommer par les personnes âgées car les générations plus jeunes ont tendance à perdre l’habitude de consommer certains produits. 

A l'étranger, les français sont perçus comme étant des "mangeurs d'escargots". L'escargot a une texture visqueuse et gluante et ce type de texture n'est pas facile à ingérer au départ. 

Il faut du temps. C'est par la socialisation alimentaire qu'on parvient à ouvrir le champs des possibles de ceux que l'on peut ingérer.

Pour aller plus loin, un petit bonus réalisé devant une vidéo dans l'exposition:

Liens

Générique de l'émission ♪♫

  • "Poulet N°728120"dans l'album "Florilège", Katerine accompagné de Dana Ciocarlie au piano (générique)
Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
Virginie Le Duault
Collaboration
Portrait de Mattéo Caranta
Portrait de Mattéo Caranta
Mattéo Caranta
Chronique
Pierre Hivernat
Chronique
Stéphanie Villeneuve
Production déléguée