Comment continuer d'aider et de partager, mieux et autrement ?
Comment continuer d'aider et de partager, mieux et autrement ?
Comment continuer d'aider et de partager, mieux et autrement ?  ©AFP - Stéphane de Sakutin
Comment continuer d'aider et de partager, mieux et autrement ? ©AFP - Stéphane de Sakutin
Comment continuer d'aider et de partager, mieux et autrement ? ©AFP - Stéphane de Sakutin
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Résumé

Pour répondre à l’urgence, les associations font souvent avec les moyens du bord : invendus, produits industriels… Si elle est nécessaire, vitale, l’aide alimentaire est-elle pour autant satisfaisante ? Zoom sur celles et ceux qui proposent des alternatives, pour une alimentation digne et durable.

avec :

frédéric Denhez, Alexis Jenni (Romancier).

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En septembre dernier, Les Bonnes choses avait consacré une émission au droit à bien manger et à l'idée de Sécurité sociale de l'alimentation, qui fait son chemin. Notre Plat du jour peut être considéré comme un second volet. 

Les plus démunis de nos concitoyens sont toujours plus nombreux, si l'on en croit les chiffres des associations d'aide alimentaire, puisqu'on dépasse aujourd'hui les 9 millions de personnes. Et ce sont plus de deux millions de personnes, rien que depuis le début de l'année 2021, qui ont eu recours à l'aide alimentaire. L'assiette en partage, c'est donc notre Plat du jour, inspiré par un livre qui vient de paraître aux éditions Actes dans la collection "Domaine du possible", et qui a pour titre Ensemble pour mieux se nourrir. Ses auteurs sont avec nous pour en parler. 

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Frédéric Denhez, ingénieur écologue de formation, chroniqueur et auteur de plusieurs livres sur l'alimentation. 

J'ai coutume de dire, même si l'image n'est pas très heureuse et peut gêner, que le méthaniseur et le ventre du pauvre sont les deux moyens d'optimiser le système agro-alimentaire. Parce qu'ils permettent de gérer convenablement les rebuts, c'est-à-dire les invendus, les aliments qui ont passé la date limite de vente. Quand on est pauvre et qu'on a peu de moyens, on est à la fois en marge de la société et en même temps, on en devient un élément majeur parce que, sans nous, le système agroalimentaire reviendrait plus cher : il ne pourrait pas optimiser ses restes. Symboliquement, c'est assez difficile à gérer. 

Les gens que nous sommes allés voir pour ce livre veulent être considérés comme des citoyens, mais aussi avant tout comme des consommateurs comme les autres, qui se rendent dans des structures pérennes, leur permettant de consommer des produits de meilleure qualité. Et c'est la grande réussite de la plupart des structures que l'on a vues, mais qui parfois, encore, butent sur un problème de devanture, d'affichage : il faut que ces structures n'aient pas l'air d'être juste des entrepôts de distribution de nourriture ou alors des lieux symboliquement "bobos" ou sociologiquement trop éloignés.  

Alexis Jenni, écrivain écrivain, prix Goncourt en 2011 pour L'art français de la guerre chez Gallimard.

L'aide alimentaire part d'une bonne intention et remonte aux années 80, où l'on constate qu'il y a des surplus agricoles dont on ne sait pas vraiment quoi faire. Les supermarchés, également, jettent leurs invendus. Or, il y a des gens qui ont faim. Donc, l'idée a été d'organiser des banques alimentaires pour rassembler ces surplus et les redistribuer aux associations de distribution. C'est très bien, sauf que parmi les invendus, il y a toute une quantité de junk food, d'aliments de basse qualité nutritionnelle et c'est là que cela pose problème.

VRAC est une association qui a pour but de vendre des produits alimentaires, bios et locaux si possible dans les quartiers en politique de la ville. Les gens qui habitent dans ces cités peuvent avoir un sentiment de relégation. L'objectif est donc de permettre d'accéder à des produits, dont on pense qu'ils sont pour les "bobos" des villes. Or, tout le monde aime les bons produits. Simplement, si on habite dans ces cités, il n'y a pas de magasin pour en proposer. Il s'agit donc de permettre "un accès digne à  des produits de qualité", comme le dit le slogan du Secours catholique, qui est pour nous une évidence : c'est un slogan humaniste et social.

Pour aller plus loin : 

À réécouter : Comment garantir le droit à bien manger ?

Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
Mattéo Caranta
Chronique
Roxane Poulain
Collaboration
Stéphanie Villeneuve
Production déléguée