En Iran, la révolte des petits­ enfants de la révolution islamique : tout comprendre en une carte

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. - Le Monde / Delphine Papin
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Comment peut-on cartographier une révolte ? Et que disent les données sur les manifestations en Iran une fois posées sur le papier ?

L'Iran bouillonne. Depuis la mi­-septembre, presque tous les jours, des Iraniennes descendent dans la rue et ôtent leur voile – obligatoire en République islamique d’Iran – devant des forces de l’ordre lourdement armées. Elles scandent, avec des hommes à leurs côtés, des slogans inimaginables auparavant, tel que « Cette année  est l’année du sang. Seyyed Ali [Khamenei, le Guide suprême] sera renversé. »

Un évènement générationnel ?

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Cet « épisode révolutionnaire », selon le sociologue Asef Bayat, est sans précédent par son étendue géographique, mais aussi par sa longévité. Mené, au début, par des jeunes qui n’ont connu ni la révolution de 1979 ni la guerre Iran­-Irak (1980­-1988), il touche désormais d’autres catégories d’âges et presque toutes les classes de la société. Son objectif vise à « récupérer la vie une vie normale loin des injonctions des autorités. Cela se lit dans le slogan ­phare de ce mouvement : “Femme, vie, liberté !” », explique un sociologue en Iran qui préfère rester anonyme.

L'Iran bouillonne
L'Iran bouillonne
- Service cartagraphie du Monde

Des morts, des manifestations

A la date du 28 octobre, 266 civils ont été tués depuis le début du soulèvement, dont une trentaine de mineurs, selon l’organisation Human Rights Activists News Agency. Le bilan est particulièrement lourd dans
les régions kurdes (nord­ ouest et ouest) et baloutches (sud­ est). Près de 14000 Iraniens ont été arrêtés. Le 26 octobre, soit le quarantième jour (étape essentielle du deuil dans le rituel musulman)de la mort de Mahsa Amini,des dizaines de milliers d’Iraniens se sont rendus sur sa tombe, à Saqqez, dans le Kurdistan iranien, tandis que des manifestations éclataient dans des dizaines d’autres villes du pays, dont Téhéran. Au quarantième jour de la mort de Nika Shakarami, une foule s’est pressée autour de sa tombe, dans la province du Lorestan (ouest). Dans la ville kurde de Mahabad, quatre manifestants ont été tués. Chaquemort signifie un enterrement, et un quarantième jour.

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