Lysistrata (au centre) interprétée par Brittney Lewis, réunit les femmes d'Athènes et de Sparte. Une pièce jouée au Fairfax high school aux Etats-Unis en 2005
Lysistrata (au centre) interprétée par Brittney Lewis, réunit les femmes d'Athènes et de Sparte. Une pièce jouée au Fairfax high school aux Etats-Unis en 2005 ©Getty - The Washington Post
Lysistrata (au centre) interprétée par Brittney Lewis, réunit les femmes d'Athènes et de Sparte. Une pièce jouée au Fairfax high school aux Etats-Unis en 2005 ©Getty - The Washington Post
Lysistrata (au centre) interprétée par Brittney Lewis, réunit les femmes d'Athènes et de Sparte. Une pièce jouée au Fairfax high school aux Etats-Unis en 2005 ©Getty - The Washington Post
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Aristophane, dramaturge antique, est l'auteur de "Lysistrata", une pièce mettant en scène le renversement de la cité : les femmes, au moyen de la grève du sexe, revendiquent le droit de participer à la vie politique et exigent la reconnaissance de leur expérience de la cité. Seront-elles entendues ?

Avec

Savez-vous comment s'appelait la place située devant l'hôtel de ville à Paris, au bord de la Seine, flanquée d'une plage la rendant facile à accoster pour les bateaux ? Sur cette place se tenaient les réunions des ouvriers sans travail qui cherchaient un emploi.
En 1803, la place devint place de l'hôtel de ville, mais avant cela, c'était... la place de la grève.
Pourtant, la grève n'a pas attendu le chômage pour avoir lieu.
Si on remonte encore dans le temps, au Vème siècle avant Jésus-Christ, c'est le moyen choisi par les femmes pour forcer les hommes à arrêter la guerre - du moins, c'est ce que raconte Lysistrata, une pièce hilarante écrite par Aristophane...

L'invité du jour :

Pierre Judet de La Combe, directeur d’études à l’Ehess et directeur de recherche émérite au Cnrs

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Lysistrata, une obscénité joyeuse

On a qu’une envie, c’est que Lysistrata soit jouée aujourd’hui, ce qui poserait des problèmes de mise en scène gigantesques parce que c’est une obscénité joyeuse, philosophique, poétique, tellement débridée que cela demande énormément d’imagination.
Les vers d’Aristophane sont obscènes mais le langage est très rarement vulgaire, c’est un détournement du haut langage : c’est le langage poétique, juridique, politique, religieux, philosophique, qui, au lieu de dire des réalités abstraites et pures, sert à dire les réalités les plus basses. C’est ce renversement qui est drôle.
Pierre Judet de La Combe

La "grève du sexe" dans l’Antiquité, anachronique ?

Nous avons aujourd'hui le mot grève, avec l'histoire des luttes sociales, qui par ailleurs étaient extrêmement dures à Athènes, la lutte était acharnée entre les nobles et les gens du peuple, même à l’époque de la pièce. C’était une lutte des statuts… On ne peut pas parler vraiment de grève… Lysistrata c’est l’histoire d’une désertion des liens sexuels du mariage comme étant à la base de la cité.
Pierre Judet de La Combe

Sons diffusés :

  • Extrait de Lysistrata, Aristophane, Gallimard bibliothèque de la Pléiade, traduit du grec ancien par Pascal Thiercy, lu par Georges Claisse et Olivier Martinaud
  • Extraits de Lysistrata, RTF, 22 avril 1954
  • Musique d'Andrew Bird, Canyon
  • Extrait du film Chi-Raq, de Spike Lee, 2015
  • Archive de la grève du sexe au Kenya, France 3, 1er mai 2009
  • Chanson de Coko, La grève des mères

L'équipe

Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth
Production
Thomas Beau
Réalisation
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Isis Jourda
Collaboration
Manon de La Selle
Collaboration
Laurence Malonda
Réalisation
Anaïs Ysebaert
Collaboration
Jules Barbier
Collaboration