"Je veux vous dire que je vous dois la plus grande jouissance musicale que j'aie jamais éprouvée." Charles Baudelaire à Richard Wagner, 1860 ©Getty - Fine Art Images /  Etienne Carjat
"Je veux vous dire que je vous dois la plus grande jouissance musicale que j'aie jamais éprouvée." Charles Baudelaire à Richard Wagner, 1860 ©Getty - Fine Art Images / Etienne Carjat
"Je veux vous dire que je vous dois la plus grande jouissance musicale que j'aie jamais éprouvée." Charles Baudelaire à Richard Wagner, 1860 ©Getty - Fine Art Images / Etienne Carjat
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Résumé

Dans ce deuxième volet, le philosophe André Hirt évoque les réflexions sur les rapports entre poésie et musique que Richard Wagner a inspirées à Baudelaire.

avec :

André Hirt (professeur de Philosophie en khâgne au Lycée Faidherbe de Lille).

En savoir plus

Peintre et musicien, Baudelaire l’est tout autant que poète, comme en témoignent les réflexions qu’il livre sur Delacroix, Boudin ou encore Pierre Dupont. Mais il écrit aussi sur l’essence du rire, et la morale du joujou, et se demande en bon dandy comment on paie ses dettes quand on a du génie, et dédie un poème au haschich. Baudelaire l’artiste total ? 

Reste à savoir si ses écrits, en prose ou en vers, convergent tous vers une même quête d’idéal, s’ils font synthèse ? Ou si au contraire, ils sont autant de touches déposées avec parcimonie sur le tableau du monde, à jamais inachevé ? 

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C’est sans doute parce qu’il fut critique avant d’être poète que Baudelaire distille dans son œuvre, au détour d’une page, de manière non didactique, des éléments qui nous permettent de répondre à ces questions, et de comprendre au plus près ce que l’artiste cherche en art. La lettre que Baudelaire écrit à Wagner en 1860 fait partie de ces trésors qui en quelques lignes, en disent plus long que le travail du poète sur lui-même et que ne pourrait le faire aucun critique. 

Adèle Van Reeth s'entretient avec le philosophe André Hirt qui propose de déchiffrer ce que la musique de Wagner a révélé à Baudelaire, et comment celui-ci l’a mise en mots.

Monsieur,                            
Je me suis toujours figuré que si accoutumé à la gloire que fut un grand artiste, il n'était pas insensible à un compliment sincère, quand ce compliment était comme un cri de reconnaissance, et enfin que ce cri pouvait avoir une valeur d'un genre singulier, quand il venait d'un français, c'est-à-dire d'un homme peu fait pour l'enthousiasme et né dans un pays où l'on ne s’entend guère plus à la poésie et à la peinture qu'à la musique.                            
Charles Baudelaire, lettre à Richard Wagner, le 17 février 1860

Textes lus par Jacques Bonnaffé :

  • Lettre de Baudelaire à Wagner, 17 février 1860.
  • Baudelaire, Richard Wagner et Tannhaüser à Paris .
  • Baudelaire, "A une passante".
  • Nietzsche, Par delà le bien et le mal , paragraphe 246

Extraits diffusés :

  • Wagner, Tannhaüser et le tournoi des chanteurs à la Wartburg
  • Wagner, Siegfried (Prologue)
  • Chanson plus bifluorée_,_ Perfectionniste
  • Beethoven, Symphonie n°9 op. 125, "Ode à la joie"
  • Ad ultimas laudes, pièce pour choeur composée à partir des "Litanies de Satan" de Baudelaire
André Hirt
André Hirt
© Radio France - Ivy Paolantonacci

Le Journal de la philosophie de François Noudelmann

François Noudelmann s'entretient avec Marie-Clarté Lagrée de "C'est moy que je peins", Figures de soi à l'automne de la Renaissance (Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 2012).

Références

L'équipe

Philippe Petit
Production
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Geneviève Méric
Collaboration
Tristan Ghrenassia
Collaboration