Comment maîtriser ses passions ? : épisode 1/4 du podcast Lucrèce, le poète philosophe

Gravure du XVIIe représentant Lucrèce, pour l'une des éditions du De Natura Rerum
Gravure du XVIIe représentant Lucrèce, pour l'une des éditions du De Natura Rerum - Michael Burghers
Gravure du XVIIe représentant Lucrèce, pour l'une des éditions du De Natura Rerum - Michael Burghers
Gravure du XVIIe représentant Lucrèce, pour l'une des éditions du De Natura Rerum - Michael Burghers
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Cette semaine, les Épicuriens s'expriment à travers les extraordinaires vers de Lucrèce, dans son poème De la Nature.

Avec
  • Pierre-Marie Morel professeur d'Histoire de la philosophie ancienne à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Comment atteindre le bonheur ? Il faut déjà postuler, comme les Épicuriens, que le bonheur est possible dès cette vie. Et pour atteindre l'ataraxie, il faut s'éloigner des passions, et en premier lieu de la passion amoureuse, qui nous fait souffrir - qui n'en a jamais fait l'expérience ?

Le texte du jour

« Voilà pour nous Vénus, voilà ce qu’on nomme l’amour,
voilà cette douceur qu’en nos cœurs goutte à goutte
Vénus a distillée, puis vient le froid souci :
que l’aimé soit absent, ses images pourtant
sont présentes, son nom hante et charme l’oreille.
Mais il convient de fuir sans cesse les images,
de repousser ce qui peut nourrir notre amour,
de tourner ailleurs notre esprit et de jeter
en toute autre personne le liquide amassé,
au lieu de le garder, au même amour voué,
et de nous assurer a peine et la souffrance.
À le nourrir, l’abcès se ravive et s’incruste,
de jour en jour croît la fureur, le mal s’aggrave
si de nouvelles plaies n’effacent la première,
si tu ne viens confier au cours d’autres voyages
le soin des plaies vives à la Vénus volage
et ne transmets ailleurs les émois de ton cœur.
Fuir l’amour n’est point se priver des joies de Vénus,
c’est au contraire en jouir sans payer de rançon.
Oui ! la volupté est plus pure aux hommes sensés
qu’à ces malheureux dont l’ardeur amoureuse
erre et flotte indécise à l’instant de posséder,
les yeux, les mains ne sachant de quoi d’abord jouir.
Leur proie, ils l’étreignent à lui faire mal,
morsures et baisers lui abîment les lèvres. »

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Lucrèce, De la nature, IV, 1058-1086

Lectures

- Lucrèce, De la nature, I, v.62-79, trad. José Kany-Turpin (GF, 1997), p.57
- Lucrèce, De la nature, IV, 1058-1086, trad. José Kany-Turpin (GF, 1997), p.301-303
- Lucrèce, De la nature, III, 1053-1075, trad. José Kany-Turpin (GF, 1997), p.239-241

Extraits

- Mon père avait raison, film de Sacha Guitry (1936)
- Un cœur ailleurs, film de Pupi Avati (2003)
- Les Bronzés, film de Patrice Leconte (1978)

Références musicales

- Her Space Holiday, The young machines
_- Lizst, _Wiegenlied
_- Bela Bartok, _Sostenuto
_- Ketil Bjornstad, _The sea
_- Barbara, _Amoureuse
_- Gainsbourg, _Laissez-moi tranquille

Pierre-Marie Morel
Pierre-Marie Morel
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