France Culture
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La philosophie mène à tout. Encore faut-il pouvoir l’enseigner correctement et créer des habitudes de lectures qui ne soient pas trop à son désavantage. On parle beaucoup aujourd’hui des nouveaux clients de la philosophie, des universités populaires, des rencontres publiques où sont invités des philosophes, de la philosophie claire et limpide sur France Culture, mais on se préoccupe assez peu du rôle qui est le sien à l’école, hors le fait d’obtenir son baccalauréat. C’est donc avec un véritable intérêt qu’on a lu le livre de Sébastien Charbonnier*, un jeune philosophe qui prend au sérieux cette question : comment rendre la reine des disciplines encore plus populaire « être le plus nombreux possible à penser le plus possible » ? En commençant la philosophie dès la classe de seconde ? En changeant la manière de l’enseigner ? L’auteur penche pour ces deux solutions. Mais il cherche surtout des solutions. Car son livre est à la fois une réflexion sur l’histoire de l’enseignement de la philosophie en France depuis son acte de naissance en 1809 et une enquête minutieuse auprès d’un certain nombre de candidats à la dissertation de philosophie qui ne comprennent pas toujours ce qu’on leur demande !

C’est surtout une réflexion concrète sur les cadres éducatifs dans lesquels se déploie l’enseignement de cette matière qui demeure opaque et intimidante pour nombre de jeunes gens. « Je ne sais pas, dans mon idée, les gens qui font de la philo… c’est comme s’ils se mettaient à part », témoigne une lycéenne. Un sentiment partagé par beaucoup de novices. Comme si la philosophie sortait du cadre scolaire, était trop générale, et pêchait par abstraction. Des images qui ne tombent pas du ciel et qui laissent penser qu’un peuple qui ne serait pas mûr pour la liberté – l’apprentissage du jugement – serait incapable de philosopher et donc de s’émanciper. Le problème est qu’on « ne peut mûrir pour la liberté si l’on n’a pas été préalablement mis en liberté » (Kant). Ce à quoi s’emploie précisément l’auteur qui multiplie les jeux et les entrées pour intéresser tout le monde. Il refuse la « Full Total Dissert » et le vilain dualisme qui oppose la vile multitude et le noble idéal. Il ne déclare pas les individus égaux, mais il aide les individus à se croire égaux entre eux.

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Nous avons une heure pour écouter ses recettes.

Philippe Petit, Catherine Malabou, Sébastien Charbonnier
Philippe Petit, Catherine Malabou, Sébastien Charbonnier
© Radio France - Anne-Catherine Lochard
Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Jules Salomone
Collaboration
Marianne Chassort
Collaboration