Jacques Derrida (06/01/2001)
Jacques Derrida (06/01/2001)
Jacques Derrida (06/01/2001) ©AFP - JOEL ROBINE
Jacques Derrida (06/01/2001) ©AFP - JOEL ROBINE
Jacques Derrida (06/01/2001) ©AFP - JOEL ROBINE
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Résumé

Sur les traces de Jacques Derrida, nous retournons jusqu'à El Biar, faubourg d'Alger où Jackie est né et où il vécut jusqu'à ses dix-neuf ans.

avec :

Benoît Peeters (Ecrivain, spécialiste de BD, scénariste, éditeur et professeur à l’Université de Lancaster).

En savoir plus

Benoît Peeters, auteur d'une riche biographie, vient nous raconter ce lecteur toujours au plus près du texte - qui lit Platon comme un auteur de dialogues, ce philosophe socratique qui creuse toujours au plus la question, ce dandy de l'écriture qui a le goût de l'incertitude.

Le texte du jour

Les spectres de Marx. Pourquoi ce pluriel ? Y en aurait-il plus d’un ? Plus d’un, cela peut signifier une foule, sinon des masses, la horde ou la société, ou encore quelque population de fantômes avec ou sans peuple, telle communauté avec ou sans chef – mais aussi le moins d’un de la pure et simple dispersion. Sans aucun rassemblement possible. Puis si le spectre s’anime toujours d’un esprit, on se demande qui oserait parler d’un esprit de Marx, plus gravement encore d’un esprit du marxisme. Non seulement pour leur prédire aujourd’hui un avenir, mais pour en appeler même à leur multiplicité ou, plus gravement encore, à leur hétérogénéité.

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Depuis plus d’un an j’avais choisi de nommer les « spectres » par leur nom dès le titre de cette conférence d’ouverture. « Spectres de Marx », le nom commun et le nom propre étaient donc imprimés, ils étaient déjà à l’affiche quand, tout récemment, j’ai relu le Manifeste du parti communiste. Je l’avoue dans la honte : je ne l’avais pas fait depuis des décennies – et cela doit bien trahir quelque chose. Je savais bien qu’un fantôme y attendait, et dès l’ouverture, dès le lever du rideau. Or je viens de découvrir, bien sûr, en vérité de me rappeler ce qui devait hanter ma mémoire : le premier nom du Manifeste, et au singulier cette fois, c’est « spectre » : « Un spectre hante l’Europe – le spectre du communisme. »

(…) Comme dans Hamlet, le prince d’Etat pourri, tout commence par l’apparition du spectre. Plus précisément par l’attente de cette apparition. L’anticipation est à la fois impatiente, angoissée et fascinée : cela, la chose (this thing) va finir par arriver. Le revenant va revenir. Il ne saurait tarder.

Derrida, Spectres de Marx, Galilée, 1993

Lectures

  • Camus, L’Hôte, in « L’Exil et le royaume », Gallimard, 1957.
  • Derrida, Spectres de Marx, Galilée, 1993.

Lectures cette semaine: Ivan Morane

Extraits

  • Ghost Dance, Film de Ken McMullen, 1983
  • Archive : Derrida sur Spectres de marx (émission « Du jour au lendemain », 09/12/93)
  • Hamlet (William Meguish),Théâtre et Cie, France Culture, 14/10/2012
  • Archive :Derrida l’hospitalité (émission « Agora » 17/11/1997)

Références musicales

  • Lili Boniche, Alger Alger
  • Teri Parker, In the Future
  • Brahem, Barzakh
  • Ladoire, Phantom dance
  • Doc « D’ailleurs Derrida » 2000 de Safaa Fathy, + Lili Babassi, Paris Paris
Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Olivier Bétard
Réalisation