The Gold rush, Charlie Chaplin ©Sipa - REX FEATURES
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Résumé

Comme si la vocation universelle du rire n'avait pas de langue, Chaplin refusa longtemps de passer au film parlant. Mais que faire lorsque la voix du corps ne porte plus assez ? Aujourd'hui, Stéphane Goudet nous raconte le passage du corps désarticulé au langage articulé.

avec :

Stéphane Goudet (Critique et historien de cinéma, maître de conférences en cinéma à l’université de Paris I et directeur artistique du cinéma Le Méliès à Montreuil).

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Quatrième volet d'une série de quatre émissions consacrées à Charlie Chaplin : le passage de Charlie Chaplin du film muet et film parlant après une longue résistance... Adèle Van Reeth s'entretient avec Stéphane Goudet, critique de cinéma, maître de conférences en cinéma à l'université de Paris I et directeur artistique du cinéma Le Méliès à Montreuil.

Chaplin pense que l'essence du cinéma ne peut pas être dans l'enregistrement de la parole puisqu'elle passerait d'abord par le jeu de l'acteur. Il s'agit de l'expression corporelle et c'est ensuite, le récit lui même qui n'a pas besoin de la parole pour se conduire.

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La parole au cinéma est désormais attendue et tout le monde souhaite infliger à Chaplin de devenir un cinéaste parlant. Les salles s'équipent, pour passer du muet au sonore. Mais pour le cinéaste, l'essence du jeu réside malgré tout dans la pantomime...

Chaplin, comme acte de force accepte de faire du sonore mais il refusera la parole. "La parole est hors sujet, elle va nous détourner pour plein de raisons" dit-il.

"La première, est que son art se veut universel et à partir du moment où il y a des mots, du langage articulé, se pose la question de comment les Japonais, les Chinois, les Français... vont pouvoir accéder au sens de mon film puisqu'on va lui enlever ce caractère universel de l'expression corporelle. Il y a d'autres suspicions liées à la parole qu'il partage avec de grands cinéastes internationaux, c'est que la parole risque de nous entraîner soit vers du théâtre filmé, or il refuse cette adéquation entre le cinéma et le théâtre et ensuite vers un réalisme trop grand. On va en savoir trop sur les personnages, on va briser cette nécessaire distance. Il s'agit aussi de maintenir un espace d'imaginaire lié précisément à cette beauté du silence". Stéphane Goudet

26 min

Textes :

  • Charlie Chaplin, Contre les « tawlkies », 1929, cité dans Marcel Martin, Charlie Chaplin, (1966) Editions Seghers

Extraits :

  • Le Dictateur, 1940
  • Les Lumières de la ville, 1931
  • Jos Houben, documentaire de Simon Backès « Chaplin/Keaton, le clochard milliardaire et le funambule déchu », France 5, 04/02/2015
  • La ruée vers l’or, 1925

Références musicales :

  • Charles Chaplin, The Burglars, (in Les lumières de la ville, 1931)
  • Charles Chaplin, A nonsense song, (in Les Temps modernes, 1936) « Titine »
  • Charles Chaplin, Beautiful Wonderful eyes, (in Les Lumières de la ville, 1931)

La chronique "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye

La chronique 2 minutes papillon : Jeudi 18 février 2016

2 min

A propos du livre Entrevoir et vouloir : Vladimir Jankélévitch de Lucien Jerphagnon édition dirigée par François Félix, revue et augmentée par l'auteur préface de François Félix paru aux éditions Encre marine

Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Antoine Ravon
Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration
Colomba Grossi
Collaboration