24 août 2019, la forêt amazonienne, poumon de la planète, brûle
24 août 2019, la forêt amazonienne, poumon de la planète, brûle
24 août 2019, la forêt amazonienne, poumon de la planète, brûle ©AFP - CARL DE SOUZA
24 août 2019, la forêt amazonienne, poumon de la planète, brûle ©AFP - CARL DE SOUZA
24 août 2019, la forêt amazonienne, poumon de la planète, brûle ©AFP - CARL DE SOUZA
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Résumé

Aujourd’hui, la maison brûle : nous vivons une situation écologique catastrophique sans précédent. Jusqu’au rapport du GIEC 2018, on pensait avoir le temps de se préparer, effectuer une "transition écologique". Mais peut-on encore parler de "transition" alors que nous sommes confrontés à l'urgence ?

avec :

Dominique Bourg (Philosophe).

En savoir plus

En cas de catastrophe, en appeler à une transition est-il suffisant ? Le mot de transition a sa poésie, on pense aux lieux de transit : aire d'autoroute, halls d'aéroport... C'est un mot qui s'étire, qui prend son temps, et auquel le suffixe apporte presque une coquetterie.
"Transition", ça ressemble à "confiserie", bref, c'est sans doute le terme le moins adapté aux situations de crise qui demandent d'agir de toute urgence.

L'invité du jour :

Dominique Bourg, philosophe, professeur émérite à l’Institut de Géographie et de Durabilité à l’Université de Lausanne, directeur de la publication de la revue en ligne Lapenséeécologique.com

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En savoir plus : Sommes-nous prêts pour la fin du monde ?

La maison brûle, où sont les pompiers ?

Avec le rapport du GIEC de 2018, ce qui était dans la tête des scientifiques du climat a fini par rentrer dans la tête de monsieur et madame tout le monde : si on veut réduire nos émissions de moitié d’ici 2030, ça veut dire qu’on doit stabiliser en 2020, et à partir de 2021 on doit diminuer nos émissions de 4% par an. On ne prend pas ça au sérieux... La maison brûle, il faut faire partir les camions de pompier, mais on n’y pense même pas.  
Dominique Bourg

Le basculement des années 2000

Dans les années 90 on constate un décrochage qui découpe l’âge dans nos activités industrielles, c’est l’idée de développement durable, on a une confiance assez niaise dans nos technologies… Au bout d’un certain moment, on s’est aperçu que rien ne baissait. Tout a changé depuis l’été 2018 : avant, les canicules étaient localisées mais à l'été 2018 il y a eu des vagues de sécheresse et de chaleur dans tout l’hémisphère nord. Et derechef en 2019. On a une augmentation moyenne de la température qui a atteint 1°, on va rentrer dans le deuxième degré et durant l’Holocène, les 12000 ans qui nous précédent, la température en moyenne n’a jamais dépassé ce 1°. On rentre dans autre chose et ça commence à se voir, se sentir.  
Dominique Bourg

L'écologie pour repenser les rapports humains

Le philosophe André Gortz est un des grands noms de l’écologie politique à la française : pour lui, le problème n’est pas celui de la nature mais celui de l’humanité et celui des rapports sociaux. Gortz a vu qu’à compter du début des années 70, ce qui a été vrai durant les 30 Glorieuses à savoir une connexion assez serrée entre l’augmentation du PIB et l’augmentation du sentiment de bien-être, et bien cette connexion se défait… On continue à croire que la croissance du PIB augmente le bien-être, procure le plein emploi et réduit les inégalités, ça devient un gag, on sait bien que sur chacun de ces points, c’est l’inverse qui se produit. Il convient de sortir de ce que Gortz appelle le capitalisme, changer de paradigme, l’écologie est presque comme une sorte de prétexte qui va nous contraindre à repenser que les hommes nouent les uns avec les autres à condition qu’on ne s’enferme pas dans les illusions techniques.  
Dominique Bourg

Textes lus par Vincent Schmitt :

  • Extrait de Des époques de la nature, de Georges-Louis Leclerc de Buffon, Paléo, 1778 (un des volumes de l'Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy, 1749-1789)
  • Extrait d'un poème de Richard Brautigan, Tous surveillés par des machines d'amour et de grâce, 1967, dans C'est tout ce que j'ai à déclarer : oeuvre poétique complète, traduction de l'anglais par Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard, éditions Le Castor Astral, 2016

Sons diffusés :

  • Montage de début d'émission par Thomas Beau avec des archives des Présidents de la République Jacques Chirac (2002), Nicolas Sarkozy (2016), François Hollande (2015), Emmanuel Macron (2018), s'exprimant sur la nécessité d'agir pour le climat, et chanson de Midnight Oil, Beds Are Burning
  • Archive du philosophe André Gorz, émission À voix nue, France Culture, 07/03/1991
  • Archive de la militante Greta Thunberg à la COP 24, 04/12/2018
  • Chanson de fin : Milton Nascimento, Nozani Na (Nozani Na est à l'origine un chant traditionnel des peuples autochtones Parecis, dans l'État du Mato Grosso au Brésil. En 1990, Milton Nascimento reprend ce chant dans son album Txai, inspiré par les peuples de la forêt.)
Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Thomas Beau
Réalisation
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Isis Jourda
Collaboration
Manon de La Selle
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration
Jules Barbier
Collaboration