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Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

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Lectures : Jean-Louis Jacopin

La parodie est le lieu d’une confusion peut-être inévitable, et qui ne date pas d’hier. Il faut y entendre deux mots : ôdè , c’est le chant **para ** : « « le long de », ou « à côté ». Parodia, ce serait alors le fait de chanter à côté, en contrechant : chanter faux, mais pas seulement : chanter aussi dans une autre voix, ou dans un autre ton : déformer, mais aussi transposer une mélodie. Toute l’histoire du jazz repose sur ce procédé, et personne ne s’en offusque.

La parodie d’un texte épique- pensez à l’Illiade, d’Homère, par exemple, consiste en une modification de son style ou de son sujet qui le ferait passer du registre noble au registre plus familier. SI la satire est un travestissement et le pastiche, une imitation, la parodie, elle, est un détournement ludique, la transformation d’un texte, qui ne se contente pas de se moquer, mais de créer pour mieux critiquer.

C’est Aristophane qui, dans les Nuées, fait du philosophe Socrate un sophiste vénal qui vend son savoir-faire pour des motifs pécuniaires. C’est Voltaire qui, dans Candide, joue avec Leibniz pour se moquer de sa philosophie.

D’une mélodie à l’autre, du premier au second degré, la parodie, parfois, fait rire, mais surtout, elle donne à penser : où se situe l’espace, l’écart qui permet d’effectuer un pas de côté, et à partir d’un original, d’en proposer non pas une copie, mais une transformation ? La parodie n’est pas un sous-texte, elle a sa dignité, elle est la marque et peut-être la condition de la création qui, comme toujours, ne sort pas de rien, mais compose à partir d’un donné une œuvre qui ne ressemble qu’à son auteur. Le génie n’a pas d’autre nom.

Le programme de cette semaine, vous l’avez déjà : demain, Aristophane, avec Ghislaine Jay-Robert, , mercredi Voltaire avec Sylvain Menant, et jeudi, l’art de jouer des références sans les imiter, j’ai nommé, Quantin Tarantino, avec Jean-Baptiste Thoret.

Mais aujourd’hui, pour le premier jour de cette semaine, j’ai l’immense plaisir d’accueillir Gérard Genette pour cet éloge de la parodie.

Gérard Genette
Gérard Genette

Références musicales:

  • Jean-Michel Bernard , I'Bill (BO Soyez sympas, rembobinez)
  • Britney Spears , Toxic
  • Yael Naim , Toxic
  • Quiche Lorene, Toxic
  • Yaron Herman , Toxic
  • Il était une fois, J'ai encore rêvé d'elle

-** Chanson Plus Bifluorée** , Moi je fais la vaisselle

-** Francis Lai** , Film muet

  • Comédie musicale Roméo et Juliette , Les Rois du monde
  • Chanson Plus Bifluorée , Les micro-ondes

Lectures*:*

- Geoges Fourest, * Le Cid * extrait de La Négresse blonde ( Livre de poche, 1953)

- Tardieu , Préambule Un mot pour un autre

  • Les Boloss des Belles lettres , A la recherche du temps perdu
  • Platon , Cratyle

Extrait*: *

- Guerre et amour * de* Woody Allen** * (1975)*

Références

L'équipe

Philippe Petit
Production
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Jules Salomone
Collaboration
Marianne Chassort
Collaboration