Gustave Flaubert
Gustave Flaubert
Gustave Flaubert ©AFP - Bianchetti/Leemage
Gustave Flaubert ©AFP - Bianchetti/Leemage
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Résumé

Nous pénétrons aujourd'hui avec Pierre-Marc de Biasi dans ce cœur simple, tourmenté et croyant, cœur qui s'ouvre ultimement à Loulou le perroquet, dans une relation à la fois érotique et mystique.

avec :

Pierre-Marc De Biasi (directeur de recherche émérite au CNRS, à l'ENS de Paris).

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« Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même », écrivait Gustave Flaubert à propos de son conte Un cœur simple, qu'il destinait à son amie George Sand. À travers un personnage altruiste et accablé par les souffrances, la servante Félicité, Flaubert raconte aussi une histoire politique, celle de la souffrance du peuple, du « demi-siècle de servitude » d'une domestique.

Le texte du jour

« Par suite d'un refroidissement, il vint à Félicité une angine ; peu de temps après, un mal d'oreilles. Trois ans plus tard, elle était sourde ; et elle parlait très haut, même à l'église. Bien que ses péchés auraient pu sans déshonneur pour elle, ni inconvénient pour le monde, se répandre à tous les coins du diocèse, M. le Curé jugea convenable de ne plus recevoir sa confession que dans la sacristie.

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Des bourdonnements illusoires achevaient de la troubler. Souvent, sa maîtresse lui disait : « - Mon Dieu ! comme vous êtes bête ! » ; elle répliquait « - Oui, Madame » ; en cherchant quelque chose autour d'elle.

Le petit cercle de ses idées se rétrécit encore, et le carillon des cloches, le mugissement des bœufs n'existaient plus ! Tous les êtres fonctionnaient avec le silence des fantômes. Un seul bruit arrivait maintenant à ses oreilles, la voix du perroquet.

Comme pour la distraire, il reproduisait le tic-tac du tournebroche, l'appel aigu d'un vendeur de poisson, la scie du menuisier qui logeait en face ; et, aux coups de la sonnette, imitait Mme Aubain, - « Félicité ! la porte, la porte ! »

Ils avaient des dialogues, lui, débitant à satiété les trois phrases de son répertoire, et elle, y répondant par des mots sans plus de suite, mais où son cœur s'épanchait. Loulou, dans son isolement était presque un fils, un amoureux. Il escaladait ses doigts, mordillait ses lèvres, se cramponnait à son fichu ; et, comme elle penchait son front en branlant la tête à la manière des nourrices, les grandes ailes du bonnet et les ailes de l'oiseau frémissaient ensemble. »

- Gustave Flaubert, Trois contes (1877), Un cœur simple, GF Flammarion 2009, pp.69-70.

Lectures

- Lettre de Gustave Flaubert à Edma Roger des Genettes, 19 juin 1876, Paris, dans P.M. De Biasi, Flaubert, une manière spéciale de vivre, 2009, p.408.

- Gustave Flaubert, Trois contes (1877), Un cœur simple, GF Flammarion 2009, pp.69-70.

Extrait

- Mort de Félicité et illumination mystique : l’apothéose finale Lu par Anne Brissier, « Les nouveaux chemins de la connaissance » 03.06.2011

Références musicales

- Marie Laforêt, La tendresse

- Richter, Mrs Dalloway: meeting again

- Von Gluck Tharaud, Orphée et Eurydice Ballet des ombres heureuses

- Liszt, Die Gräberinsel der Fürsten

- Jacques Brel, Les cœurs tendres

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Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Antoine Ravon
Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Livia Garrigue
Collaboration
Olivier Bétard
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration