Jürgen Habermas en 1998
Jürgen Habermas en 1998 ©Getty - ullstein bild
Jürgen Habermas en 1998 ©Getty - ullstein bild
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Comment le philosophe Jürgen Habermas s'est-il approprié la théorie critique définie par la première génération de l’École de Francfort ? Et comment s'en est-il émancipé à travers ce qu'il a pensé comme une "théorie de l’espace public" ?

Avec
  • Estelle Ferrarese professeure de philosophie morale et politique à l’Université de Picardie Jules Verne

L'invitée du jour :

Estelle Ferrarese, professeure de philosophie morale et politique à l’Université de Picardie Jules Verne

Pour être, il faut être reconnu

Il parle de l’être humain comme étant caractérisé par une vulnérabilité constitutionnelle, on ne devient sujet, on n’acquiert une identité que par la reconnaissance d’autrui. Pour être, il faut être reconnu. L’intersubjectivité est première et le sujet est second, d’où cette vulnérabilité absolue à la possibilité que je ne sois pas reconnu.  
Estelle Ferrarese

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Intérêt de classe et intérêt général 

Il y a la conviction qu’il y a une égalité suffisante qui est donnée dans l’échange d’arguments, c’est-à-dire que je reconnais autrui comme paire dès le moment où je soumets un énoncé à sa critique. Je le reconnais comme quelqu’un qui a le droit de critiquer, donc je m’engage à affûter mon argument, à le reformuler. S’engage alors une relation qui est paritaire sur le plan de l’échange. C’est une sorte de jeu de rôle qui met entre parenthèses les statuts sociaux. Habermas ne nie pas qu’il y a quelque chose d’artificiel dans cette forme d’égalité, cette fiction fonctionne parce qu’elle est basée sur un ethos de classe : la bourgeoisie. Mais ces intérêts de classe peuvent être dépassés. A un moment donné, cet intérêt de classe a coïncidé avec une forme d’intérêt général.  
Estelle Ferrarese

Texte lu par Hélène Lausseur :

  • Extrait de L'espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise, de Jürgen Habermas, 1962, éditions Payot, traduction de Marc Buhot de Launay (avec une musique Rémi Lavialle, de A strange power game)

Sons diffusés :

  • Lecture d'Adèle Van Reeth d'un extrait d'un interview d'Habermas dans la revue Esprit numéro 417, août/septembre 2015
  • Chanson de Nina Hagen, TV-glotzer (white punks on dope) 
  • Archive d'Habermas, 1984, enregistrement d'un cours donné à l'Université de Cornell
  • Extrait du film Si Paris nous était conté, de Sacha Guitry, 1956
  • Mixage de zappings datés du 16 et 18 novembre 2019 avec des archives de l'émission Vu sur France Télévisions
  • Extrait de l'émission Les Pieds sur terre, France Culture, 21 novembre 2018
  • Chanson de fin : Marti Caine, Can I speak to the world please ?

L'équipe

Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth
Production
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Isis Jourda
Collaboration
Manon de La Selle
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration
Jules Barbier
Collaboration