Le philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993) ©Getty - Bettmann
Le philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993) ©Getty - Bettmann
Le philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993) ©Getty - Bettmann
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Résumé

Près de trente ans après sa disparition que reste-t-il de la pensée de Hans Jonas ?

avec :

Eric Pommier (professeur à l’Université Pontificale Catholique de Santiago au Chili).

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Quand on prononce le nom de Hans Jonas, on récolte au mieux de l’indifférence, au pire une caricature. Ses réflexions sur la technique, sa critique de son invasion, et de la transformation dangereuse de l’homme qu’elle opère le font souvent passer pour un technophobe, un anti-moderne. Pourtant, ses réflexions sur la responsabilité humaine face à la technique n’est que le point d’arrivée d’un long trajet philosophique. Un trajet qui mène le philosophe allemand de la réflexion d’historien à la production d’une pensée originale, une biologie philosophique, une phénoménologie de la vie, loin d’être réductible à la technique est d’une brûlante actualité.

Géraldine Mosna-Savoye s'entretient avec Eric Pommier, professeur à l’Université Pontificale Catholique de Santiago au Chili. Qualifié d'anti-moderne, de technophobe, Hans Jonas a souvent fait l’objet de malentendus. Eric Pommier éclaire la façon dont l'oeuvre de Jonas a été perçue en France.

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Eric Pommier : On a immédiatement identifié la pensée jonassienne de la vie comme une pensée qui pouvait favoriser la remise en cause les droits de l’homme, favoriser davantage les êtres naturels que les êtres humains. On y a vu, à tort, une forme d’écologisme aveugle, une pensée qui contiendrait le germe d’une sorte d’éco-fascisme. On a lu le rapport à la technique de Jonas comme celui d’un rejet, alors qu’il s’agit pour lui de penser un "progrès technique mais avec précaution" selon sa propre formule. Non pas d’interdire la technique mais d’en contrôler, d’en réguler le cours. Par exemple dans le domaine médical, de façon à ce que la technique ne donne pas lieu à des manipulations déshumanisantes, à la réification de l’humain, ou pour ce qui concerne la planète, à une destruction. Mais il ne s’agit pas de vouloir arrêter la technique, tentative qui pour Jonas serait vouée à l’échec.

8 min

Textes lus par Olivier Martinaud

  • Hans Jonas, Le principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique  (Cerf 1993), traduit de l’allemand par Jean Greisch, p. 17-18.
  • Hans Jonas , Evolution et liberté  (Rivages-poche)
  • Hans Jonas , Souvenirs: d'après des entretiens avec Rachel Salamander (Rivages)
Eric Pommier
Eric Pommier
© Radio France - MC

Musiques diffusées

  • Karl Berger , Miniature 2
  • Melodium, Miljo-zon
  • François Béranger, Qui est responsable ?
  • Francis Blanche , L’âge de raison

Extraits diffusés

  • Paul Ricœur , sur la RTBF, le 3/11/1993
  • Jean-Claude Ameisen , Le gai savoir , France Culture, (4/10/1999)
  • *L’argent de poche de François Truffaut  (1976)

Et aussi...

Site sur lequel voir des photographies des maisons des philosophes (See the Homes and Studies of Wittgenstein, Schopenhauer, Nietzsche & Other Philosophers)

Références

L'équipe

Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
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Adèle Van Reeth
Production
Antoine Ravon
Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration
Tristan Ghrenassia
Collaboration