De colère, Achille traîne la dépouille d'Hector derrière son char.
De colère, Achille traîne la dépouille d'Hector derrière son char.
De colère, Achille traîne la dépouille d'Hector derrière son char.
De colère, Achille traîne la dépouille d'Hector derrière son char.
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Et si le héros grec n'était pas celui que l'on croyait ?

Avec

Être un héros en Grèce, ce n'est pas donner sa vie à une cause, c'est remplir sa vie d'actes inoubliables" explique Pierre Judet de la Combe. Patrocle avait-il raison de courir après la mort ? La colère d'Achille était-elle vraiment glorieuse ? Peut-on être, comme Médée et Clytemnestre, à la fois héroïne et meurtrière ?

Le texte du jour

« Le concours fut levé et vers les vifs bateaux chacun des peuples

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Alla se disperser. Tous pensaient au repas

Et au doux sommeil, qui seraient leur plaisir. Mais Achille

Pleurait au souvenir de son compagnon, et le sommeil ne le

Prenait pas, le Maître tout puissant, mais il tournait là et là,

En manque de Patrocle, de sa virilité et de sa belle rage,

De tous les labeurs avec lui et des souffrances subies,

Traverser les combats des hommes et les vagues douloureuses.

À s’en souvenir, il versait une éclosion de larmes,

Par moments couché sur le flanc, par moments au contraire

Le dos renversé, par moments tête face au sol. Parfois dressé sur ses pieds,

Il allait, hors de lui, tourner le long des dunes de la mer. Jamais

Il ne laissait paraître une aurore sur la mer et le rivage

Sans qu’il attèle à son char les vifs chevaux.

Il attachait Hector, pour le traîner, derrière le char,

Et l’ayant tiré trois fois autour de la tombe du fils mort de Ménécée,

Il s’arrêtait à nouveau dans sa baraque, et l’abandonnait

Étendu dans la poussière, la tête face au sol. Mais Apollon

Écartait toute indignité de son corps, pris de pitié pour l’homme,

Même mort. Il le couvrait tout entier de l’égide

D’or afin qu’il ne le déchire pas en le traînant.

Ainsi, de rage, il traitait indignement l’éclatant Hector.

À regarder cela, les dieux bienheureux étaient pris de pitié.

Ils poussaient le Tueur d’Argos, bon viseur, à le lui dérober.

Là était ce qui plaisait à tous, sauf à Héra,

Sauf à Poséidon et à la fille aux yeux de lumière. »

Homère, L’Iliade, Chant XXIV, trad. Judet de la Combe, v.1-25

Lectures

Homère, L’Iliade, Chant XVI, vers 684-711, trad. de P. Judet de la Combe, Belles Lettres, (à paraître) 

Homère, L’Iliade, Chant XXIV, trad. P. Judet de la Combe, v.1-25

 Homère, L’Odyssée, Chant XI, traduction de Philippe Jaccottet, p.191, v.478 

Lectures cette semaine: Nicole Garcia 

Extrait

Euripide, Médée, trad. P. Judet de la Combe, mis en scène à Avignon par Jacques Lassalle, 2001, avec Isabelle Huppert 

Références musicales

Tina Turner, We don’t need another hero

Early Music workshop, Hymne à Zeus 

Petros Tabouris, Danse kirkis

The Beach Boys, Heroes and Villains

L'équipe

Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth
Production
Claire Perryman-Holt
Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Olivier Bétard
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration
David Pargamin
Collaboration