Un banc à Berlin en 1945, après la Seconde guerre mondiale, avec écrit “Pas pour les Juifs”
Un banc à Berlin en 1945, après la Seconde guerre mondiale, avec écrit “Pas pour les Juifs”
Un banc à Berlin en 1945, après la Seconde guerre mondiale, avec écrit “Pas pour les Juifs” ©Getty - Hulton Deutsch
Un banc à Berlin en 1945, après la Seconde guerre mondiale, avec écrit “Pas pour les Juifs” ©Getty - Hulton Deutsch
Un banc à Berlin en 1945, après la Seconde guerre mondiale, avec écrit “Pas pour les Juifs” ©Getty - Hulton Deutsch
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Résumé

Dans "Les Origines du totalitarisme", Arendt entend exhiber dans leur contexte historique les "éléments de la honte" qui ont rendu possible la mise en place du système totalitaire. Aux origines, le premier chapitre de l'ouvrage porte non pas sur le totalitarisme mais sur l'antisémitisme...

avec :

Jean-Claude Poizat (professeur agrégé de philosophie au lycée Georges Pompidou de Castelnau-le-Lez (académie de Montpellier), docteur en sciences politiques, membre du comité de rédaction de la revue Le Philosophoire).

En savoir plus

Première diffusion de cette émission le 14/05/2019, et première diffusion du Journal de la philo de Géraldine Mosna-Savoye, en fin d'émission, le 08/01/2020, à réécouter ici :

En savoir plus : Eloge du sommeil

Il faut bien se garder de confondre deux choses très différentes : l’antisémitisme, idéologie laïque du 19ème siècle mais qui n’apparaît sous ce nom qu’après 1870, et la haine du Juif, d’origine religieuse.            
Hannah Arendt

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Entre 1945 et 1949, Hannah Arendt écrit Les Origines du totalitarisme, un livre en trois parties qui furent réunies et publiées en 1951 aux Etats Unis.
Il s'agissait, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, et peu après la révélation des atrocités du nazisme, de remonter aux racines idéologiques du système totalitaire.
Les deux premières parties du livre ont pour but d'exhumer les "trois piliers de l'enfer" : l'antisémitisme, l'impérialisme et la racisme.
On entendrait d'emblée une définition du totalitarisme mais dans le premier chapitre, Arendt dresse une histoire ou une "pré-histoire" de l'antisémitisme.
Quel est le rapport entre l'antisémitisme et la pensée totalitaire ?

L'invité du jour :

Jean-Claude Poizat, enseignant au lycée Joliot-Curie à Nanterre et à Prépasup à Paris, chargé de cours à Sciences Po Paris, et membre du comité de rédaction de la revue Le Philosophoire

En savoir plus : L'antisémitisme

Quel est le lien entre l’antisémitisme et le système totalitaire ?

Arendt récuse l’idée selon laquelle l’antisémitisme moderne serait le prolongement de la haine anti-Juif qui serait fondée sur des motifs religieux, ce qu’on appelle l’anti-judaïsme. Elle montre que l’antisémitisme a des causes sociales et politiques précises liées à la modernité occidentale, et que l’antisémitisme est lié au fait que les Juifs sont entrés dans l’histoire occidentale moderne, et notamment à la suite de l’émancipation et de l’assimilation. Cette thèse est troublante mais amène à réfléchir sur la modernité sociale et politique occidentale.        
Jean-Claude Poizat

Naissance de l’antisémitisme

L’antisémitisme est lié à la modernité, il est né à la fin du 19ème siècle, et c’est en France qu’il s’est exprimé de la manière la plus « éclatante » avec l’affaire Dreyfus, dans les années 1890. Arendt montre qu’en Allemagne et en Autriche, ça avait commencé même un peu avant. Le mot « antisémitisme » a été forgé en Allemagne en 1870. C’est la fin du 19ème siècle et le début du 20ème siècle, cette courte période qu’analyse en détail Arendt dans son livre. Elle fait une histoire de l’antisémitisme ou même une pré-histoire de l’antisémitisme, la période qui a précédé l’explosion de l’antisémitisme nazi et totalitaire.      
Jean-Claude Poizat

Textes lus par Hélène Lausseur :

  • Début d'émission : citation d'Hannah Arendt sur l'antisémitisme, de la préface du livre Sur l'antisémitisme
  • Deux extraits des Origines du totalitarisme d'Hannah Arendt, tome 1, Sur l'antisémitisme, chapitre 1, L'antisémitisme, insulte au sens commun, éditions Calmann-Lévy
  • Extrait de Réflexions sur la question juive, de Jean-Paul Sartre, éditions Gallimard, collection Folio essais

Sons diffusés :

  • Début d'émission : chanson de Philippe Clay, Les Juifs
  • Archive sur l'affaire Dreyfus, ORTF, Tribune de Paris, Jacques Kayser, 1948
  • Chanson de fin : Comedian Harmonist, Veronika der Ienz ist da
Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Elsa Lesaulnier
Collaboration
Thomas Beau
Réalisation
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Isis Jourda
Collaboration
Colomba Grossi
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration