L’art de se connaître soi-même...
L’art de se connaître soi-même... ©Getty - Frank Paton/Fine Art Photographic
L’art de se connaître soi-même... ©Getty - Frank Paton/Fine Art Photographic
L’art de se connaître soi-même... ©Getty - Frank Paton/Fine Art Photographic
Publicité

À 30 ans, Schopenhauer rédige "Le monde comme volonté et représentation", une oeuvre qui fera de lui une star sur le tard. Mais d'abord aigri par son insuccès, son humeur est noire : "L'art de se connaître soi-même" est-il alors une stratégie pour faire face au monde, vivre malgré son pessimisme ?

Avec
  • Ugo Batini professeur de philosophie en classes préparatoires (CPGE) à Paris

Rares sont celles et ceux qui peuvent se vanter d'avoir accompli un chef-d'oeuvre à 30 ans.
C'est le cas d'Arthur Schopenhauer.
Avec Le monde comme volonté et comme représentation, il signe au début du XIXème siècle ce qui sera le grand oeuvre de sa métaphysique, l'essence de sa philosophie pessimiste.
Mais rares sont aussi celles et ceux qui peuvent se vanter d'avoir réussi à vivre jusqu'à l'âge de 72 ans en étant précisément devenu LE philosophe pessimiste par excellence. Mais c'est aussi le cas d'Arthur Schopenhauer. Et de ce qu'il a élaboré à travers des textes moins connus, dispersés, fragmentés, nourris tout au long de son existence.
De L'art d'être heureux à L'art d'avoir toujours raison, celui qui considérait le monde comme fondamentalement mauvais a malgré tout tenté de se donner les moyens d'y survivre. Et tout commence avec L'art de se connaître soi-même.
Mais la connaissance de soi est-elle illusoire ?

L'invité du jour :

Ugo Batini, enseigne la philosophie en CPGE à Paris, ses travaux portent sur Schopenhauer et l’idéalisme allemand.
Il a participé à la nouvelle édition critique du Monde comme volonté et représentation chez Gallimard et dirige une collection d’ouvrages philosophiques aux éditions Ellipses

Publicité

"L'art de se connaître soi-même", un journal intime durant les heures noires de Schopenhauer

"L'art de se connaître soi-même" est un texte spécial parce qu'il n'était pas destiné à être un essai, c'est ce qui est problématique. Il est constitué d'une trentaine de feuillets, les notes éparses des carnets de travail de Schopenhauer. Il y a une sorte de tension autour de ce texte qui est une sorte de journal intime écrit à partir de 1821-1822, une période où il est jeté de l'université, et c'est un des motifs, à mon avis, qui enclenche justement l'écriture de ces petits traités qui vont quasiment tous se suivre, dans une période où il a été malade, où il a un procès en cours, la légende dit qu'il a jeté sa logeuse dans l'escalier parce qu'elle aurait été indiscrète et qu'elle parlait fort. Ce n'est pas exactement ça, mais il a un procès pour coups et blessures...  
Ugo Batini

Le chef d'oeuvre d'une vie et des textes satellites

En 1819, "Le monde comme volonté et représentation" est le chef d'œuvre d'une vie, qu'il va réécrire pendant plus de trente ans avec trois versions successives. Ces textes sommes qu'il écrit de façon continue sont comme une spirale qu'il approfondit de façon permanente. Aucun des traités ne vont être publiés de son vivant, à part "L'aphorisme sur la sagesse dans la vie", en fin de carrière, mais tous ces textes vont venir confirmer son hypothèse fondamentale et sont des sortes d'ajouts.  
Ugo Batini

Textes lus par François Raison :

  • Arthur Schopenhauer, L’art de se connaître soi-même ou Eis heautón (un carnet commencé en 1821), traduction par Laurent Ferec, éditions Rivages Poche, 2015, pages 48-49, §8
  • Arthur Schopenhauer, L’art de se connaître soi-même, éditions Rivages Poche, 2015, pages 35-36, §1 (avec une musique de Giacomo Meyerbeer, Africaine ou Vasco da Gama, Marche indienne)
  • Arthur Schopenhauer, L’art de se connaître soi-même, éditions Rivages Poche, 2015, pages 66-67, §17 (avec une musique de Felix Mendelssohn, Symphonie nº13 en ut min, Sinfoniesatz)

Sons diffusés :

  • Archive du 17 janvier 1951, émission “Jouons le jeu”, RTF 
  • Musique de Mozart, Sonate n°11 en La Maj K 331 Menuetto, Trio
  • Extrait de Calmos, un film de Bertrand Blier, sorti en 1976 
  • Molière, Le Misanthrope, Acte I, scène 1, dialogue entre Alceste (François Beaulieu) et Philinte (Michel Duchaussoy), Comédie française, 1978
  • Chanson de Bing Crosby, The pessimist character
59 min
50 min

L'équipe

Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth
Production
Antoine Ravon
Collaboration
Nicolas Berger
Réalisation
Manon de La Selle
Collaboration
Laurence Malonda
Réalisation
Carla Michel
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration
Jules Barbier
Collaboration