Oeuvre de l'artiste Michel Blazy, exposée à la villa Sauber de Monaco, 2017
Oeuvre de l'artiste Michel Blazy, exposée à la villa Sauber de Monaco, 2017 ©Maxppp - Jean François Ottonello/PHOTOPQR/NICE MATIN
Oeuvre de l'artiste Michel Blazy, exposée à la villa Sauber de Monaco, 2017 ©Maxppp - Jean François Ottonello/PHOTOPQR/NICE MATIN
Oeuvre de l'artiste Michel Blazy, exposée à la villa Sauber de Monaco, 2017 ©Maxppp - Jean François Ottonello/PHOTOPQR/NICE MATIN
Publicité

La notion de "beaux-arts" apparaît entre le XVIème siècle et la fin du XVIIIème siècle et marque une rupture dans l'histoire de l'art : le beau devient une finalité. Cette notion nouvelle pose les bases d'une réflexion esthétique : qu'est-ce qui est beau ou laid dans l'art ? Comment en juger ?

Avec
  • Carole Talon-Hugon philosophe, spécialiste d’esthétique et de philosophie de l’art, professeure à l’Université de Nice-Sophia Antipolis, présidente de la Société française d’esthétique et directrice de la Nouvelle Revue d’esthétique

Il existe une autre rupture esthétique dans l'histoire de l'art, l'apparition du mouvement romantique au XIXème siècle qui opère une "désesthétisation" de l'art : le beau comme valeur artistique suprême est alors contesté.

3 min

Au XXème siècle, les frontières de l'art deviennent floues, s'élargissent, on utilise de nouveaux matériaux (travail chimique d'Hicham Berrada) de nouvelles techniques (sculptures qui moisissent de Michel Blazy) ou des formes nouvelles comme la performance (Marina Abramovic).
Si le beau ne disparaît pas du champ artistique, quelle place a-t-il ?

Publicité

L'invitée du jour :

Carole Talon-Hugon, philosophe, spécialiste d’esthétique et de philosophie de l’art, professeure à l’Université de Nice Côté d'azur, présidente de la Société française d’esthétique et directrice de la Nouvelle Revue d’esthétique

Période prémoderne : trois caractérisations du beau

La beauté est indéfinissable néanmoins on peut repérer au cours de l’histoire des manières très différentes de la penser. Un grand tournant s’effectue entre le XVIème siècle et le XVIIIème siècle, le passage d’une conception métaphysique du beau à une sorte d’anthropologie de l’expérience esthétique.            
Carole Talon-Hugon

1) Verticalité du beau

Dans cette période prémoderne entre le XVIème siècle et le XVIIIème siècle, le beau est tout d'abord caractérisé par sa verticalité : les choses que nous disons belles (un visage, une fleur, une œuvre d’art…) ne sont belles que par participation à une essence de la beauté qui est d’ordre transcendant et intelligible.            
Carole Talon-Hugon

2) Le beau, le bien, le vrai

Le beau a un lien avec la notion de bien et de vrai. Comme si cette division que nous opérons ne valait que pour les hommes. Comme dirait saint Thomas, si l’on regarde les choses du point de vue de Dieu, c’est la même chose, ce qui explique une idée grecque qui nous est assez étrangère : quand on dit que c’est beau et bon, que la beauté physique est l’indice de la beauté de l’âme.            
Carole Talon-Hugon

3) Le beau existe en dehors de l'homme

Le beau n’est pas une simple appréciation subjective de l’individu voire de l’humanité, mais quelque chose qui subsisterait même si aucun humain ne peuplait la Terre. La beauté existe en dehors de l’homme, elle est admirée et reconnue par l’homme mais n’existe pas du fait de cette reconnaissance.            
Carole Talon-Hugon

Texte lu par Hélène Lausseur :

  • Extrait de la préface de Cromwell, de Victor Hugo, 1827

Sons diffusés :

  • Archive du peintre François Boisrond sur la beauté, 
  • Chanson de Serge Gainsbourg, Des laids, des laids
  • Archive du designer Philippe Stark, dans Les Guetteurs du ciel, ORTF, 1994
  • Archive du cinéaste Luchino Visconti, entretien avec Henri Chapier, France Culture, 1971
  • Archive du journal de France Info du 6 octobre 2018 à l'occasion de l'autodestruction de l'oeuvre de l'artiste Banksy, Girl With Balloon
  • Chanson de fin : Jean-Louis Murat, J'ai fréquenté la beauté        

L'équipe

Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth
Production
Elsa Lesaulnier
Collaboration
Thomas Beau
Réalisation
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Isis Jourda
Collaboration
Colomba Grossi
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration