Arthur Schopenhauer (1788-1860),
Arthur Schopenhauer (1788-1860),
Arthur Schopenhauer (1788-1860), ©Getty
Arthur Schopenhauer (1788-1860), ©Getty
Arthur Schopenhauer (1788-1860), ©Getty
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Résumé

Pour le philosophe Schopenhauer, la vie est mauvaise : elle oscille comme un pendule, de droite à gauche, passant de la souffrance, du désir, à l’ennui... Ce qui peut nous en consoler ? L'art, qui nous fait échapper à cette mécanique aveugle...

avec :

Michel Guérin (philosophe.).

En savoir plus

Première diffusion de cette émission le 04/06/2018, et diffusion antenne inédite du Journal de la philo confiné de Géraldine Mosna-Savoye, en fin d'émission, daté du 01/04/2020, à réécouter ici :

À 17 ans, alors que je n’avais reçu qu’une formation scolaire des plus médiocres, je fus saisi par la détresse de la vie, comme le fut Bouddha lorsqu’il découvrit l’existence de la maladie, de la vieillesse et de la mort.

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Il faut imaginer Arthur Schopenhauer, né en 1788, fâché avec sa mère à qui il reproche tout... Elle finira par le déshériter, et solitaire, les cheveux hirsutes, il ressemble à un chat sauvage, dira Wagner, en apercevant le philosophe ébouriffé se promener avec Atma, son chien, d’abord un caniche, puis un épagneul, mais qui s’appellera toujours Atma (l’âme du monde, en sanskrit).
Il faut l’imaginer seul, toujours, se promenant en ville vêtu d’un smoking, déplorant l’absence de vente de son ouvrage philosophique majeur : Le monde comme volonté et comme représentation, regrettant que le succès triomphal de Hegel, au même moment, et dans la même université, ne voue son travail et sa carrière à l’oubli... somme toute bien relatif.
Il faut imaginer sa plume incisive, parfois odieuse, souvent drôle, louée par Nietzsche puis 200 ans plus tard par Clément Rosset, puis Michel Houellebecq.
Il faut imaginer Schopenhauer seul, mais pas insensible à la jouissance, ni à la joie, encore moins à la musique, à laquelle il consacre des pages magnifiques.
Schopenhauer, philosophe du malheur... nous est indispensable pour notre plus grand bonheur.

L'invité du jour :

Michel Guérin, philosophe

La consolation de la vie

Schopenhauer est quelqu’un qui pense à la fois que la vie est une souffrance et par conséquent un mal, et qui s'accommode personnellement de ce mal : il aimait beaucoup les grands restaurants, il ne dédaignait pas toutes les formes de jouissance. Pour lui, la vie est une entreprise qui ne couvre pas ses frais : la vie passe tout son temps à lutter pour s’empêcher de mourir ! Mais tout ça ne mène à rien, une fois que le désir a été assouvi, c’est l’ennui qui lui succède… La vie oscille donc comme un pendule, de droite à gauche, passant de la souffrance, du désir, à l’ennui. La vie est mauvaise, et l’art est là pour nous consoler, non pas pour nous apporter une consolation toute positive, c’est un palliatif, il est là pour nous consoler de la vie en échappant à cette mécanique aveugle, cet instinct qui fait que nous sommes au service de l’espèce.                  
Michel Guérin

Textes lus par Daniel Mesguich :

  • Extrait de l'ouvrage Le Monde comme volonté et comme représentation, Arthur Schopenhauer, 1819, Livre IV, § 54, traduction A. Burdeau (1912)
  • Extrait de l'ouvrage Le Monde comme volonté et comme représentation, Arthur Schopenhauer, 1819, §52, traduction A. Burdeau (1912)

Sons diffusés :

  • Musique de Mozart, Symphonie n°40 en sol mineur K 550 Allegro Molto
  • Musique de Mozart_, Symphonie nº14 enLa Maj K 114 Andante_
  • Musique de Mozart_, Gigue en sol majeur_
  • Chanson du groupe Les Parisiennes, Les fans de Mozart