L'arrivée du bébé, cet inconnu
L'arrivée du bébé, cet inconnu
L'arrivée du bébé, cet inconnu ©Getty - CSA Images
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Résumé

"Un bébé tout seul n'existe pas" nous enseigne le pédiatre et psychanalyste Donald Winnicott. Les soins précoces à un bébé, la relation tissée avec lui : est-ce tout cela qui permet le passage du sentiment d’être au sentiment d’exister ? Quels sont les outils pour appréhender et comprendre le bébé ?

avec :

Bernard Golse (chef de service de psychiatrie infantile de l’hôpital Necker et psychanalyste.).

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L'invité du jour :

Bernard Golse, pédopsychiatre-psychanalyste, professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’Université de Paris, président de l’Association Pikler Lóczy-France, fondateur de l’Institut Contemporain de l’Enfance

Pour se sentir être, il n'y a besoin de personne...

"Dans la période intra-utérine, on peut parfois voir sur les échographies fœtales un fœtus qui vient coller son dos contre la paroi utérine, qui s'en va, revient, attrape le cordon ombilical, le lâche... On ne sait pas très bien ce qui se passe dans la tête d'un fœtus, c'est tout le mystère, mais il est plausible de penser qu'il est un organisme vivant qui se sent être, pour qui ce sentiment c'est simplement vivre. Le fœtus in-utero n'a encore aucune idée de ce qu'est l'environnement, la mère, le père... La mère n'est pas un objet extérieur à lui, c'est lui qui est dedans, enfoui, inclus, il fait partie du corps de la mère. Se sentir être, donc, ne passe pas par la question de l'autre."
Bernard Golse

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... Mais pour se sentir exister, le bébé a besoin de l'autre

"Puis ce sentiment d'être se transforme en sentiment d'exister. Dans "exister", il y a "ex" qui renvoie justement à l'environnement, à l'entourage, à l'autre, c'est-à-dire à la rencontre du bébé avec le regard, avec l'autre, avec le fonctionnement psychique de l'autre. Se sentir être, on peut en être capable tout seul. Se sentir exister passe par l'autre. Winnicott a écrit un très bel article qui s'appelait "Le visage de la mère comme miroir pour le bébé" : quand le bébé regarde la mère, bien sûr il regarde la mère, mais il regarde la mère qui le regarde, et se sentir exister passe par le regard de l'autre sur soi, passe par la reconnaissance qu'un autre que soi existe à l'extérieur."
Bernard Golse

Texte lu par François Raison :

  • François Weyergans, La vie d’un bébé, NRF Gallimard, 1986 (avec une musique de Koyama, Unborn)

Sons diffusés :

  • Mix de début par Nicolas Berger, avec : chanson de Barry White, Can’t Get Enough of Your Love ; Les Beaux gosses, film de Riad Sattouf, 2009 ; Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe (sans jamais oser le demander), film de Woody Allen, 1972 ; Le bébé de mademoiselle, film de Norman Taurog, 1956 ; Énorme, film de Sophie Letourneur, 2020 ; Junior, film de Ivan Reitman, 1994 ; Pupille, film de Jeanne Herry, 2018 ; Baby Boom, film de Charles Shyer, 1987 ; Trois hommes et un couffin, film de Coline Serreau, 1985 ; Allô maman, ici bébé, film de Amy Heckerling, 1989
  • Musique de Mozart, Adagio du concerto n°23, Concerto en La majeur KV 488, chef d’orchestre : Neville Marriner, piano : Ivan Moravec
  • Adèle van Reeth lit Donald Woods Winnicott, Jeu et réalité, "Objets transitionnels et phénomènes transitionnels", 1971, page 23 (avec une musique de Chopin, Berceuse en Ré bémol maj op 57 andante)
  • Extrait de Pupille, film de Jeanne Herry, 2018
  • Chanson de fin : Jacques Higelin, Ce qui est dit doit être fait

En savoir plus : Le génie des bébés

Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Antoine Ravon
Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Manon de La Selle
Collaboration
Laurence Malonda
Réalisation
Carla Michel
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration
Jules Barbier
Collaboration