Jacqueline Bisset et Francois Truffaut dans "La Nuit américaine"
Jacqueline Bisset et Francois Truffaut dans "La Nuit américaine"
Jacqueline Bisset et Francois Truffaut dans "La Nuit américaine" ©Getty - John Springer Collection/CORBIS
Jacqueline Bisset et Francois Truffaut dans "La Nuit américaine" ©Getty - John Springer Collection/CORBIS
Jacqueline Bisset et Francois Truffaut dans "La Nuit américaine" ©Getty - John Springer Collection/CORBIS
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Résumé

En 1973 sort sur les écrans de cinéma "La Nuit américaine". François Truffaut y met en scène le tournage d’un film, sa vie, ses incidents, ses coulisses. En abyme, que dit-il de son rapport au cinéma ? Quelle vérité recherche-t-il ? Les films sont-ils plus importants que la vie ?

avec :

Hélène Frappat (écrivaine, traductrice et critique de cinéma).

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L'invitée du jour :

Hélène Frappat, écrivaine, traductrice et critique de cinéma

Une émission initialement diffusée le 17/09/2019

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Truffaut, hanté par la vérité au cinéma

"La vérité du cinéma, c’est l’artifice. Il y a quelque chose de dégueulasse, en littérature ou au cinéma, de vouloir imiter la vie. "La Nuit américaine" est un film qui interroge la question de la vérité parce qu’en même temps Truffaut s’est toujours réclamé de ce qu’il appelait « le mensonge organisé », sa définition de la fiction. Il voulait, par opposition au documentaire, qu'il haïssait, faire une fiction qui était pour lui un mensonge organisé."
Hélène Frappat

Ce que ne montre pas "La Nuit américaine"

"Le film raconte à la fois une histoire, celle d’un tournage en train de se faire et comme tout art poétique, c’est un film sur ce qu’il est en train de faire, c’est un film sur le cinéma et un film de cinéma. La première fois que j’ai vu ce film j’ai ressenti une fausseté dans la manière de magnifier ce que Jean-François Stévenin, qui joue l’assistant du film tout en étant le vrai assistant, avait qualifié de bleuette, il disait que le film ne montrait pas la violence du tournage. Ce que Godard reprochait à Truffaut c’était de ne pas s’être montré lui…"
Hélène Frappat

L’intensité de la passion du cinéma

"A l’époque de Rivette, Godard, Truffaut, ils le disaient tous, on vivait cinéma, on mangeait cinéma, on baisait cinéma, il n’y avait rien d’autre que cette dévoration du cinéma. Truffaut a dit qu’il était devenu cinéaste ou critique la première fois qu’il a vu un film plusieurs fois de suite, c’est du côté de l’obsession, de la hantise. Et dans "La Nuit américaine", on peut dire que Jean-Pierre Léaud est le double de Truffaut au sens où il est dévoré par le cinéma. L’intensité est la question qui se pose ici." Hélène Frappat

Textes lus par Noémie Lvovsky :

  • Extrait de la correspondance entre François Truffaut et Jean-Luc Godard, mai 1973
  • Extrait du livre Les Films de ma vie, de François Truffaut, 1975, chapitre À quoi rêvent les critiques, éditions Flammarion

Sons diffusés :

  • Archive de François Truffaut à Cannes en 1973 présentant La Nuit américaine, ORTF
  • Extraits du film La Nuit américaine, de François Truffaut, 1973
  • Extrait du film Tournée, de Mathieu Amalric, 2010
  • Lectures d'Adèle Van Reeth, citations de François Truffaut dans le livre Le Cinéma selon François Truffaut, textes réunis par Anne Gillain, 1988, éditions Flammarion
  • Chanson de Charles Trenet, Moi, j'aime le music-hall
  • Chanson de fin : Louis Chedid, Ainsi soit-il
À lire aussi : "Le Mal est raisonnable"
29 min
Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Thomas Beau
Réalisation
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Isis Jourda
Collaboration
Manon de La Selle
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration
Jules Barbier
Collaboration