Photo prise en 1975 de Jean Renoir, vérifiant un cadrage à la caméra.  ©AFP
Photo prise en 1975 de Jean Renoir, vérifiant un cadrage à la caméra. ©AFP
Photo prise en 1975 de Jean Renoir, vérifiant un cadrage à la caméra. ©AFP
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Résumé

Dans cette semaine consacrée au jeu, aujourd'hui il est question du film de Jean Renoir, "La Règle du jeu" sorti en 1939. Échec commercial à sa sortie, ce film est depuis considéré comme un chef-d'oeuvre du 7ème art, encensé notamment pas les cinéastes de la Nouvelle Vague.

avec :

Mats Rosengren (Philosophe), Carole Desbarats (Directrice artistique des rencontres nationales du Havre sur les séries.).

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Dans ce quatrième volet de la semaine des "Nouveaux chemins de la connaissance" consacrée au jeu, l'historienne du cinéma Carole Desbarats revient sur l'histoire du film de Jean Renoir, "La Règle du jeu" mal reçu en 1939 et qui ne connu le succès qu'à sa ressortie en 1965, grâce notamment à la Nouvelle Vague qui a su mettre en avant la notion d'auteur au cinéma.

Le film était trop violent pour les spectateurs de l'époque. En 1939 [...] comme le dit Renoir lui-même, "on danse sur un volcan". Les gens sont très conscients et vont au cinéma pour se distraire et ils tombent sur la description d'une société en décomposition, ils se voient eux-mêmes et ils voient tous leurs défauts, toutes leurs lâchetés. Malgré le côté papillonnant, le film leur montre un peu trop ce qu'est la réalité. Et il faudra ensuite plusieurs étapes pour qu'on arrive à la reconnaissance qui est celle d'aujourd'hui, de "La règle du jeu" comme chef-d'œuvre des chefs-d’œuvres, film de tous les films.

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Carole Desbarats raconte plus en détails les péripéties du récit et la place qu'y occupe chaque personnage.

Le jeu social c'est d'exclure ceux qui le gênent, les grains de sable.

Cinématographiquement, ce qui fait que c'est un aussi beau film, c'est que le film, lui, n'exalte pas l'obéissance à la règle et il ne le fait pas de manière moralisatrice du tout. Le film fait du spectateur son collaborateur - c'est une expression de Renoir. C'est à dire qu'en multipliant les points de vue - il y a beaucoup de riches personnalités - le film oblige le spectateur à se situer par rapport à la règle sociale : et moi qu'est-ce-que je ferais ?

L'historienne du cinéma insiste sur "la liberté de ton du film" dans ce "jeu de l'amour" où Jean Renoir "s'accorde une liberté de filmage, d'improvisation, de modification du film au fur et à mesure qu'il avance, qui, là, est proprement la face solaire du jeu, qui est la face libertine."

A la question de savoir à quelle règle du jeu Renoir fait référence dans le titre de son film, Carole Desbarats répond et conclut :

Il me semble que c'est la règle du jeu social, c'est la façon dont la société semble nous laisser libre mais organise les relations de telle manière que si on veut avoir son indépendance d'esprit et sa liberté d'action, il faut la gagner.

Le Journal des Nouveaux Chemins avec Mats Rosengren à propos de Doxologie  (Hermann, 2011).
Cette semaine, l'émission sera exceptionnellement présentée par Adèle Van Reeth. 

Carole Desbarats et Adèle Van Reeth
Carole Desbarats et Adèle Van Reeth
© Radio France - G. Mosna-Savoye

Extraits  :

Mozart, "Danse allemande en ré majeur" (ouverture de "La règle du jeu")

Saint-Saëns, "La danse macabre" (B.O. "La règle du jeu")

Francis Salabert, "Nous avons l'vé l'pied" (B.O. "La règle du jeu")

Grétry, "Nymphe de liane"

The Platters, "Great Pretender"

Références

L'équipe

François Caunac
Réalisation
Geneviève Méric
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production déléguée
Mathilde Unger
Collaboration