"La vieillesse" de Simone de Beauvoir
"La vieillesse" de Simone de Beauvoir
"La vieillesse" de Simone de Beauvoir - copyright Charlotte Mo
"La vieillesse" de Simone de Beauvoir - copyright Charlotte Mo
"La vieillesse" de Simone de Beauvoir - copyright Charlotte Mo
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Résumé

Pour Montaigne, la philosophie nous apprend à mourir... mais peut-elle également nous aider à vieillir ? Peu de philosophes ont questionné la vieillesse, mais Simone de Beauvoir a saisi ce sujet tabou dans un essai monumental de 800 pages... Propose-t-elle une solution à la difficulté de vieillir ?

avec :

Manon Garcia (philosophe, Junior Fellow à la Society of Fellows de l’université de Harvard).

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Dessin de l'illustratrice Charlotte Mo : Insta @charlottemagicmo et Portfolio

L'invitée du jour :

Manon Garcia, philosophe, Junior Fellow à la Society of Fellows de Harvard

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"La situation scandaleuse des vieux dans la société"

"La vieillesse" est un livre de philosophie massif. Simone de Beauvoir y propose des lectures d’ethnographie, d’histoire, de littérature et de philosophie. Ce fut un texte peu commenté par les philosophes, même si ça a été un best-seller au moment de sa sortie. Son point de départ est de prendre la dimension "objective" de la vieillesse : comment elle est perçue dans l’histoire des sociétés, et la dimension "subjective" de la vieillesse : comme celle-ci est vécue par les vieux. Tout ça au travers d’une perspective politique, car comme "Le deuxième sexe", ce livre est à la fois descriptif et normatif, Simone de Beauvoir veut dénoncer ce qu’elle appelle "la situation scandaleuse des vieux dans la société"…  
Manon Garcia

Un livre plus marxiste que "Le deuxième sexe"

Simone de Beauvoir dit qu’il n’y a pas qu’une seule expérience de la vieillesse, et qu’on ne peut rien proposer d’autre comme définition que celle-ci : la vieillesse c’est ce qui arrive aux gens qui deviennent vieux. Ce n’est pas pareil d’être vieux, et elle insiste beaucoup sur ce point, quand on est riche que quand on est pauvre ; au Moyen Age ou aujourd’hui… elle prend en compte la diversité des expériences de la vieillesse, en cela c’est un livre beaucoup plus marxiste que "Le deuxième sexe".  
Manon Garcia

Se réapproprier son dégoût de la vieillesse

Quand Lanzamann quitte Beauvoir pour une femme plus jeune, elle se sent "flouée". Cette expression fut beaucoup commentée : comment peut-elle dire au sujet de sa propre vie "j’ai été flouée". C’est la vieillesse qui lui fait dire ça. Elle avait toutes ces ambitions, ces désirs : "au moment où la vieillesse arrive, j’ai quand même l’impression d’avoir été flouée"… Son rapport à la vieillesse est très intime, et en 1970 elle est dans une quête de réappropriation de quelque chose qui l’a longtemps dégoûtée, à la parution de son livre, au moment où elle est véritablement vieille elle-même.  
Manon Garcia

Textes lus par Bernard Gabay :

  • Extrait de La vieillesse, de Simone Beauvoir, 1970, éditions Gallimard folio plus
  • Extraits de La force des choses II, de Simone de Beauvoir, 1963, éditions Gallimard (avec une musique de Bartok, Quatuor à cordes)

Sons diffusés :

  • Archives de Simone de Beauvoir, dans le film de Josée Dayan et Malka Ribowska, 1978
  • Chanson de Little Esther, Aged and mellow
  • Archive de Simone de Beauvoir dans l'émission Fréquence lire, 01/01/1969, RFI
  • Extrait du film Amour, de Michael Haneke, 2012
  • Chanson de François Béranger, Le vieux
Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Clara Degiovanni
Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Manon de La Selle
Collaboration
Laurence Malonda
Réalisation
Anaïs Ysebaert
Collaboration