Henri Bergson
Henri Bergson ©AFP - ARCHIVES-ZEPHYR / LEEMAGE
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La Pensée et le Mouvant est le dernier ouvrage d'Henri Bergson, mais c'est sûrement l'un des meilleurs chemins pour entrer dans son oeuvre, en compagnie aujourd'hui de Frédéric Worms.

Avec
  • Frédéric Worms Professeur de philosophie contemporaine à l’ENS, directeur adjoint du département des Lettres et membre du Comité consultatif national d’éthique, producteur à France Culture

Le philosophe a en effet conçu ce recueil d'articles comme un geste final lui permettant de développer et d'expliquer sa méthode philosophique. Dans ses deux "essais introductifs", Bergson indique que cette méthode consiste dans une intuition originaire, à savoir la distinction fondamentale à laquelle il convient de remonter, entre l'espace et la durée pure.

Le texte du jour

« Notre intelligence est le prolongement de nos sens. Avant de spéculer, il faut vivre, et la vie exige que nous tirions parti de la matière, soit avec nos organes, qui sont des outils naturels, soit avec les outils proprement dits, qui sont des organes artificiels. Bien avant qu’il y eût une philosophie et une science, le rôle de l’intelligence était déjà de fabriquer des instruments, et de guider l’action de notre corps sur les corps environnants. La science a poussé ce travail de l’intelligence beaucoup plus loin, mais elle n’en a pas changé la direction. Elle vise, avant tout, à nous rendre maîtres de la matière. Même quand elle spécule, elle se préoccupe encore d’agir, la valeur des théories scientifiques se mesurant toujours à la solidité de la prise qu’elles nous donnent sur la réalité. Mais n’est-ce pas là, précisément, ce qui doit nous inspirer pleine confiance dans la science positive et aussi dans l’intelligence, son instrument ? Si l’intelligence est faite pour utiliser la matière, c’est sur la structure de la matière, sans doute, que s’est modelée celle de l’intelligence. Telle est du moins l’hypothèse la plus simple et la plus probable. Nous devrons nous y tenir tant qu’on ne nous aura pas démontré que l’intelligence déforme, transforme, construit son objet, ou n’en touche que la surface, ou n’en saisit que l’apparence. […] Il est impossible de considérer le mécanisme de notre intelligence, et aussi le progrès de notre science, sans arriver à la conclusion qu’entre l’intelligence et la matière il y a effectivement symétrie, concordance, correspondance. »

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La pensée et le mouvant. Essais et conférences. Essai introductif II « De la position des problèmes » (1934), PUF, 2009. P. 34-35.

Extrait

- Archive : Levinas au sujet de Bergson (« Les chemins de la connaissance », 02/03/1981)

Références musicales

- Keith Jarrett, Part 1 (The Köln Concert, 1975)

- Keith Jarrett, Nagoya Part IIb (1976)

- Keith Jarrett, Part 9 (Osaka, 2002)

- Keith Jarrett, It’s all in the game

- Les soeurs Etiennes, Que le temps me dure

Frédéric Worms
Frédéric Worms
© Radio France

L'équipe

Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth
Production
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Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
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Production déléguée
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Réalisation
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Collaboration
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Réalisation
Marianne Chassort
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