Philip Roth  ©Getty - Orjan F. Ellingvag/Dagbladet/Corbis
Philip Roth ©Getty - Orjan F. Ellingvag/Dagbladet/Corbis
Philip Roth ©Getty - Orjan F. Ellingvag/Dagbladet/Corbis
Publicité
Résumé

Pourquoi Philip Roth est-il si inquiet pour l'Amérique ?

avec :

Paule Lévy (professeur en littérature américaine à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines).

En savoir plus

Et encore s'il n'y avait que l'Amérique, le corps qui se dérègle, la sexualité qui ne répond plus, des parents qui étouffent leurs enfants à force de "fais attention". Où retrouver le calme dans l'Amérique de Philip Roth ?

Le texte du jour

« J’avais été toute ma vie un hypocondriaque si résolu, si vigilant à déceler tout changement dans la température de mon corps ou la régulation du fonctionnement de mon organisme qu’il était depuis longtemps devenu impossible à l’homme raisonnable qu’il m’arrivait d’être aussi de prendre au sérieux les symptômes révélateurs que je découvrais en moi presque chaque semaine et qui étaient invariablement les signes de maladies graves et incurables. En dépit des sinistres prémonitions d’anéantissement, de paralysie ou d’insupportable souffrance qui accompagnaient chaque nouveau malaise ou chaque montée de température, il me fallait après tout admettre que j’avais atteint l’âge de trente-huit ans sans avoir eu aucune maladie grave ; j’étais un homme dont les boyaux fonctionnaient allègrement, un homme pourvu d’une puissance sexuelle sur laquelle il pouvait compter, endurant et de bon appétit, mesurant six pieds de haut, en bon état et bien fait de sa personne, qui avait gardé presque tous ses cheveux et toutes ses dents. En conséquence, bien que je fusse tenté, avec ce tempérament hypocondriaque qui me poussait à dramatiser tout ce qui me concernait, de voir dans ce fourmillement à l‘aine le prélude à quelque maladie du genre zona – ou pire encore -, je me rendais compte en même temps, que ce n’était certainement, comme d’habitude, rien. »

Publicité

Lectures

Philip Roth, Le Sein, 1972, trad. de Georges Magnane, NRF, Gallimard, p.10

Philip Roth, La plainte de Portnoy, 1969, « La branlette », Pléiade, p.268

Lectures cette semaine: Nicole Garcia

Extraits

The Web of Stories, juin 2011

American pastoral, film réalisé par Ewan McGregor (2016), Adaptation du roman de Philip Roth

Compagnie des auteurs, extrait d'un entretien avec Alain Finkielkraut, 7 novembre 2016

Références musicales 

Ed Sheeran, The Shape of you

Grover Junior Washington, Why do you wake up ? 

David Krakauer, Hall of names

Jimmy Hamilton and the New York Jazz Quintet, Blues in my room

Monthy Python, I’m so worried

Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Claire Perryman-Holt
Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Olivier Bétard
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration
David Pargamin
Collaboration