Vénus en son miroir (1647-1651)  - exposé à la National Gallery
Vénus en son miroir (1647-1651)  - exposé à la National Gallery - Diego Vélasquez
Vénus en son miroir (1647-1651) - exposé à la National Gallery - Diego Vélasquez
Vénus en son miroir (1647-1651) - exposé à la National Gallery - Diego Vélasquez
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"JE", "JE", "JE", mais qui est le "je" derrière lequel chacun d'entre nous se cache ?

Avec
  • François de Smet essayiste, philosophe tout-terrains, tente de passer de la pensée à l’action politique

Entre la revendication identitaire et la contingence de notre moi sur les réseaux sociaux, aurait-on perdu l'ego ? Pire ! Aurait-il jamais existé ? De la découverte de notre penchant au conformisme et à la causalité jusqu'à la critique du libre-arbitre, et si l'ego n'était qu'une fiction ?

Le texte du jour

L’illusion naturelle nous fait croire à tort que la conscience affirme l’existence du libre arbitre, en ce sens que, contrairement à tous les principes a priori de la raison pure et à toutes les lois naturelles, la volonté seule soit une force capable de se décider, sans raison suffisante, dont les résolutions, en des circonstances données, pour un seul et même individu, puissent incliner indifféremment dans une direction ou dans l’autre.

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Pour élucider d’une façon spéciale et aussi claire que possible l’origine de cette erreur si importante pour notre thèse, et compléter par là l’étude du témoignage de la conscience (…), nous allons nous figurer un homme qui, se trouvant par exemple à la rue, se dirait : « Il est à présent six heures du soir, ma journée de travail est finie. Je peux maintenant faire une promenade ; ou bien je peux aller au club ; je peux aussi monter sur la tour, pour voir le coucher du soleil ; je peux aussi aller au théâtre, je peux faire une visite à tel ami ou à tel autre ; je peux même m’échapper par la porte de la ville, m’élancer au milieu du vaste univers, et ne jamais revenir… Tout cela ne dépend que de moi, j’ai la pleine liberté d’agir à ma guise ; et cependant je n’en ferai rien, mais je vais rentrer non moins volontairement au logis, auprès de ma femme ». C’est exactement comme si l’eau disait : « Je peux m’élever bruyamment en hautes vagues (oui certes, lorsque la mer est agitée par une tempête !) – je peux descendre d’un cours précipité en emportant tout sur mon passage (oui, dans le lit d’un torrent), - je peux tomber en écumant et en bouillonnant (oui, dans une cascade), - je peux m’élever dans l’air, libre comme un rayon (oui, dans une fontaine), - je peux enfin m’évaporer et disparaître (oui, à 100 degrés de chaleur) ; -et cependant je ne fais rien de tout cela, mais je reste de mon plein gré, tranquille et limpide, dans le miroir du lac ».

Arthur Schopenhauer, Essai sur le libre arbitre (1841), Editions Rivages 1992, p. 78-79.

Extraits

- Breaking Bad, série américaine créée par Vince Gilligan (saison 5, dernier épisode)

- Mehdi Meklat, Source : émission La grande librairie (16/02/2017)

Références musicales

- Arlette Tephany, Je n’aime que moi

- Ani Difranco, Egos like hairdos

- Oregon, Taos

- Al Copley, Rainy summer blues

L'équipe

Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth
Production
Antoine Ravon
Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Livia Garrigue
Collaboration
Olivier Bétard
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration