Les trois mousquetaires film de Stephen Herek (1993) ©AFP - ARCHIVES DU 7EME ART / PHOTO12
Les trois mousquetaires film de Stephen Herek (1993) ©AFP - ARCHIVES DU 7EME ART / PHOTO12
Les trois mousquetaires film de Stephen Herek (1993) ©AFP - ARCHIVES DU 7EME ART / PHOTO12
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Résumé

Addictives ou abrutissantes (voire les deux), les séries attirent souvent les feux de la critique... et pourtant, celles-ci révèlent un fait majeur : l'oeuvre d'art se crée surtout en série.

avec :

Matthieu Letourneux (Professeur de littérature à l’université Paris-Nanterre. Rédacteur en chef de Belphégor.).

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Editeurs, producteurs, genres, lecteurs et spectateurs, depuis Les trois mousquetaires publiés en feuilleton jusqu'aux romans policiers, comment la sérialité fait-elle apparaître une manière plus collective, plus riche et diversifiée de penser la culture ?

Le texte du jour

D’Artagnan ne put, quelque peine qu’il se donnât, en savoir davantage sur ses trois nouveaux amis. Il prit donc son parti de croire dans le présent tout ce qu’on disait de leur passé, — espérant des révélations plus sûres et plus étendues de l’avenir. 

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— En attendant, il considéra Athos comme un Achille, Porthos comme un Ajax, et Aramis comme un Joseph. Au reste, la vie des quatre jeunes gens était joyeuse : Athos jouait et toujours malheureusement. Cependant il n’empruntait jamais un sou à ses amis, quoique sa bourse fût sans cesse à leur service ; et lorsqu’il avait joué sur parole, il faisait toujours réveiller son créancier à six heures du matin pour lui payer sa dette de la veille. — Porthos avait des fougues : ces jours-là, on le voyait insolent et splendide ; s’il perdait, il disparaissait complètement pendant quelques jours, après lesquels il reparaissait le visage blême et la mine allongée, mais avec de l’argent dans ses poches. Quant à Aramis, il ne jouait jamais. C’était bien le plus mauvais mousquetaire et le plus méchant convive qui se pût voir. Il avait toujours besoin de travailler. Quelquefois, au milieu d’un dîner, quand chacun, dans l’entraînement du vin et dans la chaleur de la conversation, croyait que l’on en avait encore pour deux ou trois heures à rester à table, Aramis regardait à sa montre, se levait avec un gracieux sourire et prenait congé de la société pour aller, disait-il, consulter un casuiste avec lequel il avait rendez-vous ; d’autres fois, il retournait à son logis pour écrire une thèse, et priait ses amis de ne pas le distraire. Cependant Athos souriait de ce charmant sourire mélancolique, si bien séant à sa noble figure, et Porthos buvait en jurant qu’Aramis ne serait jamais qu’un curé de village. Maintenant que nous avons jeté un coup d’œil sur les quatre amis, reprenons le cours de notre narration…

Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires

Lecture

Walter Benjamin, L’oeuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique

Extraits

Les trois mousquetaires, film de Bernard Borderie (1961)

Métal hurlant, film d’animation de Gérard Potterton (1981)

Archive Bourdieu « sur la télévision » (vidéo du Collège de France, du CNRS et ARTE 1996)

Stranger things, série TV américaine de Matt et Ross Duffer

Références musicales

BO Twin peaks

BO Stranger things

Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Claire Perryman-Holt
Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Olivier Bétard
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration
David Pargamin
Collaboration
Marie Aubert
Collaboration