Marie Marquet et Marie Bell dans une scène de tournage de "Phèdre".
Marie Marquet et Marie Bell dans une scène de tournage de "Phèdre".
Marie Marquet et Marie Bell dans une scène de tournage de "Phèdre".  ©AFP - Georges Galmiche/Ina
Marie Marquet et Marie Bell dans une scène de tournage de "Phèdre". ©AFP - Georges Galmiche/Ina
Marie Marquet et Marie Bell dans une scène de tournage de "Phèdre". ©AFP - Georges Galmiche/Ina
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Résumé

Dernier volet d'une série de quatre émissions consacrées aux grands personnages de Jean Racine. Aujourd'hui Adèle Van Reeth reçoit Patrick Dandrey, professeur de littérature à l'Université Paris IV, pour évoquer la figure de Phèdre.

avec :

Patrick Dandrey (Professeur émérite de littérature française du XVIIe siècle à Sorbonne Université).

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Suite et fin aujourd’hui de notre série d’émissions consacrées à quatre tragédies de Racine. Britannicus, lundi, avec Michèle Rosellini, Andromaque, mardi, avec Alain Vialat, Bérénice, hier mercredi, en compagnie de Sylvaine Guyot, et aujourd’hui, pour clore avec brio et beauté cette semaine racinienne, j’ai le plaisir d’accueillir Patrick Dandrey pour vous parler de Phèdre.

Si on peut faire un petit retour vers le passé, la tragédie est née en transition entre l'âge du mythe en Grèce antique et l'âge de la philosophie. De la fable mythique, elle va en incarner, la tragédie, les protagonistes dans des personnages de tragédie qui sont plus haut que le commun. Et elle emprunte à la philosophie, ou ce que va être la philosophie de Platon, le système du dialogue dénivelé, c'est-à-dire de celui qui sait et d'un choeur un peu profane, de gens qui ne sont pas au même niveau. Cette conjonction du mythe et de la philosophie fait que nous entendons un dialogue qui pourrait être celui du quotidien entre deux personnages et en même temps nous sommes dans une dimension mythique. Patrick Dandrey

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Phèdre fille de Minos et de Pasiphaé et la seconde épouse de Thésée, qui a eu, d’un premier mariage un fils dénommée Hyppolite. Or Phèdre est maladivement amoureuse d’Hyppolite, d’une passion noire et d’autant plus destructrice qu’elle ne peut l’avouer sans s’exposer aux sanctions morales de l’inceste et du vice. Déchainement pathétique et emphatique, courroux impitoyable et suicidaire, Phèdre est d’abord et avant tout, une pièce sur le silence et l’invisible, le silence de celui qui sait, par vertu, baisser les armes du langages, et l’invisible de l’action qui viendra mettre fin à ses jours.

Phèdre, ou comment le théâtre donne d’autant plus à voir qu’il sait se taire pour mieux instruire.

Quand la pièce est parue, elle s'appelait "Phèdre et Hyppolite", puis quand Racine l'a revue et produit une version définitive de ses oeuvres complètes plus tard, il l'a intitulée "Phèdre". Ce qui est la prise de conscience que le rôle de Phèdre a écrasé celui d'Hyppolite. Il y a donc en parallèle deux personnages dont on s'aperçoit qu'ils structurent la tragédie de la même façon [...] mais derrière ce parallèle nous avons une différence, une dissemblance absolument totale : même quand il parle, Hyppolite ne dit rien, il ne dit pas. Patrick Dandrey

28 min
Patrick Dandrey
Patrick Dandrey
© Radio France - MC

Références musicales:

-Fanfares emphatiques , Phèdre de Georges Auric

-Phèdre , d'Hélène Delavault

Par Adèle Van Reeth

Réalisation: Assia Khalid

Références

L'équipe

Philippe Petit
Production
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Assia Khalid
Réalisation
Jules Salomone
Collaboration
Marianne Chassort
Collaboration