France Culture
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Avec
  • Marc Cerisuelo Professeur en Histoire et esthétique du cinéma à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

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Lectures : Jean-Louis Jacopin

Unfaithfully yours
Unfaithfully yours

Musiques et chanson :

-Rossini, "Guillaume Tell", ouverture

-Rossini, "Seramide", introduzione

-Vic Damone, "Beloved be faithful"

Lectures :

-Clément Rosset, L'objet singulier

-Clément Rosset, *L'invisible *

-Nietzsche, Le gai savoir

A quoi les mariés disent-ils oui ? A la fin de la solitude, ou, selon la personne que l’on épouse, à son accroissement ? A la fin de la liberté ou à son début ? A la vie à deux, ou à la vie tout court ? Dans ce « oui » initial, qu’il soit prononcé devant un autel, un représentant de l’Etat ou sur un lit, sans Dieu ni maire, se trouve sinon l’essence, du moins l’essentiel du mariage : le début de la conversation. John Milton, dans sa Doctrine et discipline du divorce , rédigée en 1643, rappelle qu’une bonne compréhension des paroles de la Genèse sur l’institution du mariage: « Il n’est pas bon que l’homme fut seul je vais lui faire une aide semblable à lui » nous permet de comprendre qu’une conversation appropriée et heureuse est la fin principale et la fin la plus noble du mariage.

Or une conversation heureuse est aussi rare qu’un bon débat, car la première difficulté est de trouver sa propre voix avant de se confronter à celle d’autrui. Rien de plus difficile quand les mots nous manquent et quand le simple « oui » ne suffit plus. Si les dialogues de sourds et les jeux de langues font le sel des bonnes comédies, c’est aussi parce que celles-ci nous proposent autant de scénarios possibles de nos propres vies. A Hollywood, dès la fin des années trente, le cinéma devenu parlant nous plongent dans la splendeur et les misères de la vie conjugale, pour le meilleur et pour le pire.

Demain, Sandra Laugier viendra dire oui à ce genre particulier qui dit « non » au mariage, le mélodrame, à partir notamment du film Hantise , de George Cukor. Mercredi, Olivier Abel se demandera si le mariage a encore un avenir en nous rappelant la dimension politique de toute union telle qu’elle est mise en scène dans la fabuleuse comédie Madame porte la culotte, de George Cukor toujours, qui fait partie des comédies baptisées « de remariage ». Et Jeudi, c’est Jean-Loup Bourget qui analysera pour vous Rendez-vous, d’Ernst Lubitsch, entre fragments amoureux et gai savoir.

Mais tout de suite, pour commencer la séance, Infidèlement vôtre, de Preston Sturges, ou comment Rossini peut donner des envies de meurtres à un chef d’orchestre jaloux.

Marc Cerisuelo
Marc Cerisuelo
© Radio France - Jules Salomone

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