Rire ou pleurer ?
Rire ou pleurer ?
Rire ou pleurer ? ©Getty
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Résumé

Héraclite en pleurs, sidéré devant le flux du devenir. C'est comme ça qu'il est le plus souvent représenté. Ses larmes ont largement marqué les philosophes modernes, notamment Friedrich Nietzsche qui, au contraire de son aîné, prône le rire tragique. Alors rire ou pleurer ? Telle est la question.

avec :

Philippe Choulet.

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L'invité du jour

Philippe Choulet, Professeur honoraire de Philosophie en classes préparatoires à Strasbourg et d'Histoire de l'art et des Médias à l'Ecole Emile Cohl à Lyon

Imaginez que les philosophes antiques soient à vendre. Zeus et Hermès auraient décidé d'organiser une vente aux enchères des plus grands philosophes sur la place publique. Ainsi, chacun défilerait et devrait mettre en avant ses plus grandes qualités de manière à faire monter le prix de vente. C'est ce qu'a imaginé le satiriste Lucien de Samosate, au 2e siècle après JC, dans sa pièce Philosophes à vendre, qui nous donne une petite idée de ce philosophe qui pleure qu'était Héraclite. 

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Retrouvez le texte de Philippe Choulet : Nietzsche versus Héraclite : Nietzsche qui rit, Héraclite qui pleure. 

La dimension terrible du devenir 

Nous sommes mortels, à la merci des accidents et le temps qui passe est irréversible. Une fois qu'on a constaté la dimension terrible du devenir, on peut l'admettre de différentes façons : de manière stoïcienne, si on se résigne, de manière Héraclitéenne, en faisant un drame, ou de manière Nietzschéenne, en l'acceptant comme une vérité fondamentale de l'existence et ainsi aller vers une affirmation de la vie.  
Philippe Choulet

Le rire tragique

Quelle est la teneur des rires et la teneur des pleurs ? On peut pleurer de rire, on peut aussi pleurer sans larmes, et puis on peut rire aux larmes ou aux éclats. Héraclite pleure sur le flux du devenir. Mais on peut tenter de dépasser ce pessimisme par un rire transcendant, un rire tragique qui accepte fondamentalement les vérités les plus cruelles de l'existence.
Philippe Choulet

Texte lu par Denis Podalydès

  • Nietzsche, Considérations inactuelles, Richard Wagner à Bayreuth, IV, 9, OPC II, 1876, Œuvres complètes, volume 5, tomes I et II, traduction Henri Albert

Sons diffusés :

  • Archive, Philosophes à vendre, Lucien de Samosate, France Culture, 06 septembre 2009.
  • Musique d'Henri Salvador, Fugue en rires.
  • Musique de Wagner, Tristan et Isolde, WWV 90, Prélude und Liebestod, Chef d’Orchestre : Otto Klemperer
  • Extrait du film Les Compères de Francis Veber, 1983
  • Musique de fin, Janis Joplin, Cry Baby
Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Lila Boses
Collaboration
Manon de La Selle
Collaboration
Laurence Malonda
Réalisation
Clémentine Marais
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration
Jules Barbier
Collaboration