Jacques Lacan
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Jacques Lacan ©Getty
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Résumé

L’inconscient est structuré comme un langage, affirme le psychanalyste Jacques Lacan. Mais comment expliquer alors qu’il considérait la langue anglaise comme étant impropre à l’analyse ? Si l’inconscient est un langage, pourquoi ne parle-t-il pas toutes les langues ?

avec :

Jean-Pierre Cléro (philosophe, professeur émérite de philosophie à l’Université de Rouen).

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L'invité du jour : 

Jean-Pierre Cléro, philosophe, professeur émérite de philosophie à l’Université de Rouen

L’inconscient est structuré "comme" un langage :

Lacan dit que l’inconscient est structuré "comme" un langage. Cela veut dire qu’il dissimule un certain nombre de choses au sujet, par le simple fait qu’il y ait cette structure. La structure permet d’accéder à certaines idées facilement, et d'autres idées sont complètement oblitérées. Or, ce que vous pouvez dire en anglais, vous ne pouvez pas toujours le dire exactement en français. Tous les traducteurs le savent. Quelque langue que ce soit est toujours un peu en porte-à-faux avec les autres langues. On peut accéder à certaines idées par un langage, mais énormément de choses nous échappent alors que tout est sur la table, qu'on voit toutes les structures. Tout se passe comme si on ne saisissait pas toute une série de choses que d’autres schèmes pourraient dire. C’est ça qui fait que l’inconscient serait structuré "comme" un langage. Jean-Pierre Cléro

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Le sujet comme étant toujours pris dans une structure :

Certes il faut distinguer la parole et la langue. Quoique Lacan parle de langage plus que de langue. Le langage étant la faculté de parler une langue. La parole et la langue sont donc relativement mêlées dans le langage, alors que Saussure s’était évertué à les décoller l’un de l’autre. On a donc le sentiment que chez Lacan, le sujet n’est pas véritablement le lieu de l’inconscient. Il dit d’ailleurs que c’est le langage qui est le milieu du sujet. C’est ce qui distingue Lacan des philosophes qui se trouvaient dans le sillage de la phénoménologie et qui pensaient qu’hors des philosophies du sujet il n’y avait point de salut. Lacan essaie de montrer que la fonction subjective et les positions diverses d’un sujet en quelques situations que ce soit, ne s’expliquent que par une structure beaucoup plus générale que ce qui peut se passer à l’intérieur du sujet ou comment il peut, lui, voir les choses. On est toujours pris dans une structure. On est autant parlé que l’on parle. Jean-Pierre Cléro

La psychanalyse, une construction entre l'analysant et l'analyste :

Peut-être est-il bon que l’analysant ait un certain nombre d’illusions, en particulier celle d’aller rechercher l’histoire de sa vie comme elle s’est réellement passée. Mais il est impossible de faire resurgir ces événements, ils n’ont plus aucun présent. Il n’y aura jamais de conformité entre le discours que l’on tient dans l’analyse et ce qu’il s’est passé. Parce que par définition, ce qu’il s’est passé, on ne le sait pas. Ni l’analysant, ni l’analyste ne le savent. Mais quelque chose se construit entre l’analysant et l’analyste au moment de l’analyse et c’est ça qui compte, c’est ce récit qui n’est ni vrai ni faux, qui se construit, avec sa solidité propre. La psychanalyse n’a pas d’autre sens. Jean-Pierre Cléro

Sons diffusés : 

  • Jacques Lacan à propos du « sinthome », archive du séminaire du 11 février 1975 
  • Extrait de l'émission Les Matinées de France-Culture, par Georges Charbonnier, le 2 décembre 1966
  • F.R. David, Words
  • Albert Roussel, Doute pour piano
  • Francis Poulenc, Thème varié FP 151 Variation n°10 Sybilline
  • Jeanne Moreau, Des mots de rien
Références

L'équipe

Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth
Production
Elsa Lesaulnier
Collaboration
Thomas Beau
Réalisation
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Isis Jourda
Collaboration
Colomba Grossi
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration