Yes! Yes! Yes! ©Maxppp - Tony Ward / TCS - thecoverstory
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Résumé

Que vous évoque le mot « pornographie » ? Une réalité sulfureuse, un plaisir coupable ou un danger ? Approuvée ou condamnée, les films X existent. Mais alors, quel est donc l’impact de la vision de ces films chez les jeunes adolescentes ? Et comment vivre la démocratisation de la pornographie ?

avec :

Ludivine Demol (Chercheuse-doctorante en Sciences de l’information et de la communication à Paris 8, elle travaille sur la consommation pornographique des jeunes.), Céline Tran (Auteure, comédienne).

En savoir plus

Les invitées du jour :

Ludivine Demol, enseignante à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, autrice d'une thèse en cours sur la consommation pornographique dans la construction identitaire genrée des adolescentes

et Céline Tran, actrice, scénariste de BD, co-directrice de la collection de BD PORN’POP aux éditions Glénat et ancienne actrice porno.

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La pornographie est aujourd’hui une production culturelle consommée en masse.
La question de l’impact négatif de la pornographie sur les jeunes est une inquiétude récurrente dans les médias : à l’heure d’internet, quatre adolescents sur cinq ont déjà vu des images à caractère pornographiques. Parfois, ils y sont confrontés très tôt, même avant leur propre puberté et leurs premiers émois amoureux. Si la sexualité fait partie d’un apprentissage, peut-on être éduqué à la pornographie avant même d’être éduqué à la sexualité ? 

Le porno, un show caricatural

Le danger de la pornographie peut être celui d’imposer un modèle et de faire croire aux jeunes qu’il faut vivre sa sexualité comme dans un film. Même si j’ai beaucoup aimé ma carrière dans le porno je reconnais qu’on est toujours dans un modèle répétitif… Si la recette fonctionne sur le consommateur, parce qu’il faut rappeler que les vidéos X sont du contenu masturbatoire, il ne s’agit pourtant pas d’un modèle à suivre… Il faut dire aux jeunes que le porno est un show caricatural, la sexualité est quant à elle un langage intime.  
Céline Tran

La dévalorisation de la sexualité féminine

Si on supprimait la pornographie ça ne résoudrait aucun problème puisqu’on trouve déjà des actes de domination des hommes sur les femmes dans à peu près toutes les productions culturelles.  
La sexualité des femmes, en dehors de l’acte hétérosexuel avec leur conjoint, est dévalorisée : qu’elles se masturbent, qu’elles regardent du porno ou qu’elles fassent du porno, qu’elles soient travailleuses du sexe etc…  
Ludivine Demol

Les actrices porno, des wonder woman du sexe

Quand j’ai commencé le porno c’était encore la période des cassettes vidéo. Le porno était alors transgressif, on le trouvait dans les sex-shops qui ressemblaient à un point de rendez-vous pour les pervers, et les films que je trouvais alors étaient des cassettes très chères des productions américaines où les femmes étaient sublimes, des wonder woman du sexe !  
Céline Tran

La pornographie : une question morale ?

Pour moi, la pornographie est une question morale et la façon dont on pose cette question est problématique. On ne dit pas qu’il s’agit d’une question morale quand on veut faire en sorte qu’il n’y ait qu’une seule représentation de la sexualité envers les jeunes mais en fait la question est là : que veut-on leur transmettre ? Est-ce qu’on veut bien leur parler de désir ? Le désir et le plaisir sont absents du discours sur l’éducation à la sexualité.  
Ludivine Demol

Sons diffusés :

  • Extrait d'un JT sur les résultats d'une enquête sur les jeunes et la pornographie, France 3, 2018
  • Extrait du film Bang Gang d'Eva Husson, 2016
  • Extrait du film Du poil sous les roses d'Agnès Obadia et Jean-Julien Chervier, 2000
  • Archive de Israël Nizand, gynécologue obstétricien, France 3, Grand Est, 2018
  • Archive de Marlène Schiappa, écrivaine, militante féministe et femme politique, France Info, 2018
  • Edito d'Antoine Giniaux dans la matinale de France Inter du 10 septembre 2018
  • Chanson de Brigitte, I want your sex (reprise de George Michael)
Références

L'équipe

Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth, directrice de France Inter
Adèle Van Reeth
Production
Marie Simon
Collaboration
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Production déléguée
Nicolas Berger
Réalisation
Isis Jourda
Collaboration
Philippe Baudouin
Réalisation
Sharon Houri
Collaboration
Colomba Grossi
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration