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En occident, le mal est l'impasse du concept. Inintelligible car absolu, il est érigé en substance dont on a ensuite toutes les peines du monde à dédouaner Dieu de son existence, lors des grandes justifications entreprises par les théodicées depuis le mythe d'Er ( au livre X de la République ) ou * L'hymne à Zeus* du stoïcien Cléanthe, jusqu'aux * Essais de théodicée* leibniziens. En outre, Le mal en occident n'est d'ailleurs pas dénué d'un certain panache. Ainsi Saint Augustin s'émerveille presque de ce qu'il puisse voler les poires par pur plaisir de voler, alors qu'il en a de plus goutûes dans ses propres vergers: c'est que la possibilité de faire le mal garantit la détention par l'individu d'un libre-arbitre véritable. Ce qui est avéré, par l'existence du mal, c'est que l'homme n'est pas la marionnette de Dieu. D'où la fascination, en littérature, pour la figure de l'ange déchu, le digne damné, campé droit sur les charbons ardents du péché. En Orient, l'importance voire la grandeur du mal n'existe pas. Au fond, ce qui change, c'est que la pensée chinoise ne dramatise pas. Le mal n'a même pas de traduction: il s'exprime uniquement par le détour du non-bien. Il est une dérégulation de l'organisme, un diabète de l'âme, en même temps qu'il scelle la sortie de l'individu qui le commet hors de la sage totalité. Celui qui agit avec justesse est celui qui demeure en harmonie avec le tout; tandis que celui qui commet le mal, est celui qui se débranche du monde, et s'étiole dans l'isolement. Marion Richez

Références

L'équipe

Jules Barbier
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration
Nicolas Berger
Réalisation
Laurence Malonda
Réalisation
Adèle Van Reeth
Adèle Van Reeth