Siegfried Kracauer : métaphysique du roman policier : épisode 3/4 du podcast Que fait la police ?

Carte de presse de Siegfried Kracauer présentée lors d'une exposition en son honneur.
Carte de presse de Siegfried Kracauer présentée lors d'une exposition en son honneur. ©AFP - DANIEL REINHARDT / DPA
Carte de presse de Siegfried Kracauer présentée lors d'une exposition en son honneur. ©AFP - DANIEL REINHARDT / DPA
Carte de presse de Siegfried Kracauer présentée lors d'une exposition en son honneur. ©AFP - DANIEL REINHARDT / DPA
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Quel reflet de la société nous renvoie le roman policier?

Avec

Que fait la police dans les romans policiers ? Et quel reflet de la société ce genre romanesque est-il en mesure de nous renvoyer ? Peut-on tout lire comme un roman policier, jusqu'à la Critique de la raison pure ? C'est le pari que fait Kracauer, qui s'intéresse dans son Roman policier à la dimension métaphysique et sociologique du genre, et que Michèle Cohen-Halimi parcourt aujourd'hui.

Le texte du jour

« Ce qui unit [les romans d’auteurs comme Conan Doyle, Gaboriau, Maurice Leblanc, Sven Elvestad et Paul Rosenhayn] et les caractérise tous est l’idée dont ils témoignent et qui résident à leur production : l’idée de la société civilisée parfaitement rationalisée, idée qu’ils comprennent d’un point de vue radicalement unilatéral et qu’ils incarnent sous une forme stylisée par la réfraction esthétique. Ce dont il s’agit dans ces romans n’est pas la reproduction fidèle de cette réalité qu’on appelle civilisation, mais bien plutôt, et dès le début, l’accentuation du caractère intellectualiste de cette réalité. Ils présentent au caractère civilisateur une glace déformante d’où le regarde fixement la caricature de sa propre monstruosité. L’image qu’ils présentent est assez effrayante : elle montre un état de la société où l’intellect sans attaches a conquis sa victoire finale ; une coexistence et une confusion purement extérieure des personnes et des choses qui paraissent ternes et déconcertantes parce qu’elles défigurent jusqu’à la caricature la réalité artificiellement éliminée. Au caractère international de cette société que vise le roman policier correspond son domaine d’application international ; à son uniformité dans les différents pays correspond l’indépendance de sa structure par rapport aux particularités nationales. »

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Siegfried Kracauer, Le roman policier (Petite Bibliothèque Payot, (2001)

Lectures

- Siegfried Kracauer, Le roman policier (Petite Bibliothèque Payot, (2001)

- Walter Benjamin, Sens unique (10/18, 1988)

- Edgar Wallace, Big foot, (Gallimard)

Extraits

- Maigret, Episode 1, Cécile est morte, série de Claude Barma et Jacques Rémy, d’après l’œuvre de Simenon, avec Jean Richard (1967)

- Le chien des Baskerville, téléfilm de David Attwood, adapté du roman de Conan Doyle (2002)

Références musicales

- Zimmer, Avarice

- Marco Werba, The Surgeon/Police

- Gérard Presgurvic, Détective

Michèle Cohen-Halimi
Michèle Cohen-Halimi
© Radio France - MC

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