Siegfried Kracauer : métaphysique du roman policier : épisode 7/4 du podcast Que fait la police ?

Carte de presse de Siegfried Kracauer présentée lors d'une exposition en son honneur.
Carte de presse de Siegfried Kracauer présentée lors d'une exposition en son honneur. ©AFP - DANIEL REINHARDT / DPA
Carte de presse de Siegfried Kracauer présentée lors d'une exposition en son honneur. ©AFP - DANIEL REINHARDT / DPA
Carte de presse de Siegfried Kracauer présentée lors d'une exposition en son honneur. ©AFP - DANIEL REINHARDT / DPA
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Que fait la police dans les romans policiers ? Non pas dans la rue, ni dans les manifestations ou au poste, mais dans les histoires qui mettent en scène des agents chargés d’enquêter sur des crimes ? En quoi le suspens lié à l’action du roman a-t-il une portée métaphysique ?

Avec

Première diffusion de cette émission le 21/09/2016, et première diffusion du Journal de la philo de Géraldine Mosna-Savoye, en fin d'émission, le 27/09/2019, à réécouter ici :

En savoir plus : Pourquoi être fragile ?
Le Journal de la philo
4 min

Et si le roman policier comme genre était transposable au domaine philosophique ? Et si la critique de la raison pure de Kant pouvait être lue comme on dévore un roman policier, avec ses crimes, ses victimes et son dénouement ?

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L'invitée du jour 

Michèle Cohen-Halimi, professeure de philosophie à l’université Paris 8, spécialiste de Philosophie Allemande.

Un genre nouveau

Le premier roman policier pour Kracauer c’est Edgar Poe, mais le terme de détective surgissant après, il va y avoir une assignation rétrospective de l’invention du roman policier par Edgar Poe. Mais ce qui me semble important, indépendamment de la généalogie et du surgissement, c’est que c’est un genre nouveau que Kracauer appréhende comme révélateur des mutations de notre société moderne, laquelle est déterminée par un certain type de rationalité  scientifique.  
Michèle Cohen-Halimi

Le détective et le policier 

Le roman policier surgit dès lors qu’on comprend que c’est un exercice de jugement, d’observation et de résolution d’une énigme et donc de quelque chose d’inconnu qui a surgi dans l’expérience. La résolution peut se produire à partir d’une grille interprétative invariante et là on aurait la figure du policier. Elle peut se produire à partir d’une tension, d’une attention aux indices, aux choses insignifiantes que le policier va négliger ou au contraire, on peut penser à la Lettre volée d’Edgar Poe, aux choses trop évidentes. Il y a deux formes d’intelligence possible et le détective est habité par cette tension, il y a une forme de dialectique de la raison. Cette tension donne une présence à l’inconnu, une possibilité de convoquer l’imagination, l’inventivité de l’intelligence et de la raison pour ouvrir un horizon de sens qui ne se plie pas à la grille pré interprétative de l’entendement.  
Michèle Cohen-Halimi

Lectures

- Siegfried Kracauer, Le roman policier (Petite Bibliothèque Payot, (2001)

- Walter Benjamin, Sens unique (10/18, 1988)

- Edgar Wallace, Big foot, (Gallimard)

Extraits

- Maigret, Episode 1, Cécile est morte, série de Claude Barma et Jacques Rémy, d’après l’œuvre de Simenon, avec Jean Richard (1967)

- Le chien des Baskerville, téléfilm de David Attwood, adapté du roman de Conan Doyle (2002)

Références musicales

- Zimmer, Avarice

- Marco Werba, The Surgeon/Police

- Gérard Presgurvic, Détective

L'équipe