La consommation avant tout ?
La consommation avant tout ? ©Getty - CSA-Printstock
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Pourquoi le travail est-il l'activité humaine prédominante de nos sociétés, pourtant touchées par le chômage et le désir de s'en libérer ? Comment est-il à la fois ce qui nous enchaîne et nous humanise ? Et de quelle manière fait-il de nous des consommateurs avant d'être des citoyens ?

Avec
  • Aurore Mréjen ingénieure de recherche à l’Université Paris Nanterre et chercheuse au Laboratoire du Changement Social et Politique (Université de Paris ex Paris Diderot)

En 1958, Hannah Arendt propose avec son livre, Condition de l'homme moderne, de penser "ce que nous faisons". Entendez par là : de reconsidérer la condition humaine du point de vue de nos expériences et de nos craintes les plus récentes. Et parmi celles-ci : le travail.

L'invitée du jour :

Aurore Mréjen, ingénieure de recherche à l’Université Paris Nanterre et chercheuse au Laboratoire du Changement Social et Politique (Université de Paris ex Paris Diderot)

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"On dit souvent que nous vivons dans une société de consommateurs et puisque le travail et la consommation ne sont que deux stades d’un même processus imposé à l’homme par la nécessité de la vie, ce n’est qu’une autre façon de dire que nous vivons dans une société de travailleurs. Cette société n’est pas née de l’émancipation des classes laborieuses, mais de l’émancipation de l’activité de travail, qui précéda de plusieurs siècles l’émancipation politique des travailleurs. L’important n’est pas que, pour la première fois dans l’Histoire, les travailleurs soient admis en pleine égalité de droits dans le domaine public : c’est que nous ayons presque réussi à niveler toutes les activités humaines pour les réduire au même dénominateur qui est de pourvoir aux nécessités de la vie et de produire l’abondance. Quoi que nous fassions nous sommes censés le faire pour “gagner notre vie” ; tel est le verdict de la société et le nombre des gens, des professionnels en particulier, qui pourraient protester a diminué très rapidement. [...] L’émancipation du travail n’a pas abouti à son égalité avec les autres activités de la vita activa, mais à sa prédominance à peu près incontestée. Au point de vue du “gagne pain” toute activité qui n’est pas liée au travail devient un “passe-temps”."

Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne, Chapitre III "Le Travail", éditions Pocket, page 176, traduction de Georges Fradier

Textes lus par Hélène Lausseur :

  • Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne, Chapitre III "Le Travail", éditions Pocket, page 174, traduction de Georges Fradier
  • Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne, Chapitre III "Le Travail", éditions Pocket, page 176, traduction de Georges Fradier
  • Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne, Prologue, page 37, éditions Pocket, traduction de Georges Fradier

Sons diffusés :

  • Extrait de Volem rien foutre al païs, film documentaire de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe, 2007
  • Extrait du Roi et l’oiseau, film animé de Paul Grimault, 1980
  • Archive d'Hannah Arendt, interview avec Günter Gaus, dans l'émission Zur Person, 28 octobre 1964
  • Extrait du sketch de Coluche, Le chômeur, 1986
  • Chanson de fin : The Beatles, A Hard Day’s Night

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