Marlon Brando et le film Un tramway nommé désir
Marlon Brando et le film Un tramway nommé désir
Marlon Brando et le film Un tramway nommé désir
Marlon Brando et le film Un tramway nommé désir
Marlon Brando et le film Un tramway nommé désir
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Résumé

Le conseil de l'astrophysicien Hubert Reeves : voir, revoir le film "Un tramway nommé désir" d'Elia Kazan, sorti en 1951.

avec :

Hubert Reeves (Astrophysicien).

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Hubert Reeves est l’un de nos plus grands astrophysiciens et un très grand vulgarisateur scientifique qui ne recule devant aucune intervention publique, qu’elle prenne la forme d’un spectacle musical, d’un livre ou d’une conférence. Hier soir, il était encore à Brie-Comte-Robert pour explorer les mystères du cosmos en mots, en images et en musique avec Mozart et l’ensemble Calliopée, et il sera demain à Haubourdin dans le Nord de la France à 16h.

Nous lui avons demandé de nous parler d'une oeuvre culturelle qui l'ait marqué. Sa réponse : le film Un tramway nommé désir, d'Elia Kazan, sorti en 1951.

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Et le conseil de la matinale du samedi : Une chambre en Inde, d'Ariane Mnouchkine au théâtre du soleil

La semaine dernière nous avions conseillé 42e Rue, une comédie musicale tout en jambes qui donne la pêche. Avec la dernière création du Théâtre du Soleil qui vient de commencer à la Cartoucherie de Vincennes, on fait un virage à 180°. Mais paradoxalement si l’une fait du bien, l’autre redonne des forces. Et des pièces qui vous font cet effet bœuf ne courent pas les rues.

Une chambre en Inde c’est son titre. « Une chambre », et pourtant le plateau n’a jamais été aussi ample. « En Inde »… la scène est transformée en vaste intérieur indien, le Mahabaratha plane sur la troupe de théâtre venue chercher l’inspiration à Pondichéry, et des scènes chantées-dansées de Therukoothu, art traditionnel tamoul, ponctuent la représentation. Car Une Chambre en Inde suit les errements et les doutes de Cornélia, venue assister le directeur du théâtre, un certain M. Lear, au fil de ses cauchemars et de ses rêves nocturnes, elle qui traverse une phase profonde de dépression tant elle estime être devenue une « vache aveugle » : le chaos du monde tue sa créativité.

Assaillie de visions cauchemardesques, Cornélia nous fait vivre sur scène tous les maux de notre monde pendant près de quatre heures qu’on ne voit pas passer (grand art du rythme et du montage qui n’est pas la moindre des qualités du théâtre du Soleil), et Dieu sait si elles sont nombreuses ces sources de terreur aujourd’hui. Mais la petite musique qui accompagne ce défilé des horreurs est cette question vertigineuse qui sourd pendant tout le spectacle : que peut encore l’art ? A quoi sert le théâtre et survivra-t-il, lui qui remonte aux origines des temps, lui qui aide les civils en guerre à survivre comme à Sarajevo et aujourd'hui en Syrie, survivra-t-il aux totalitarismes qui se profilent ? Tantôt lumineux et drôles, tantôt sombres et effrayants, les tableaux qui se succèdent sous nos yeux sont là pour nous rappeler une essence de l’art théâtral : la catharsis. Et je peux vous dire que ça marche. Alors peut-être qu’on trouvera des réserves, sur les certitudes de la metteure en scène sûre d’être du bon côté entourée des bonnes personnes et s’adressant à un monde clos. Peut-être... En tout cas on sort remués et en même temps, sans savoir encore pourquoi, regonflé voire galvanisé. Peut-être parce qu’en rêve, après avoir « zigouillé » les tueurs de Daech, les nationalistes hindous, tous ceux qui ne vivent que de violence, de bêtise et d’ignorance et que l’art indiffère ou rebute, Cornélia/Ariane nous offre une pirouette finale géniale. Car oui au fond c’est ça la vraie question qu’elle se pose : « Si on ne transmet pas au public quelques forces, si on ne ranime pas son espoir et son désir de bon et de beau, à quoi sert-on » ?

Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
Doria Zénine
Réalisation
Amélie Perrot
Collaboration