Stig Dagerman par Michaël Foessel, et les conseils de Caroline Broué

Stig Dagerman et sa femme Anita en 1950
Stig Dagerman et sa femme Anita en 1950
Stig Dagerman et sa femme Anita en 1950
Stig Dagerman et sa femme Anita en 1950
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Le philosophe Michaël Foessel nous propose de nous plonger dans l’œuvre de l'écrivain suédois Stig Dagerman avec son roman "L'enfant brûlé". Et Caroline Broué nous parle du film "Diamond Island" de Davy Chou.

Avec
  • Michaël Foessel philosophe, spécialiste de la philosophie allemande et de la philosophie contemporaine, et professeur à l'école Polytechnique

Nous avons proposé au philosophe Michaël Foessel de partager une œuvre culturelle qui l'ait marqué : il a choisi de parler de l'écrivain suédois Stig Dagerman, écrivain qui s'approche de "ce qui brûle", de la souffrance, de l'injustice. Un plaidoyer pour la lucidité.

Le conseil de Caroline Broué : "Diamond Island", de Davy Chou

"Diamond Island" (l’île du diamant) est le nom d’une île près de Phnom Penh, une île qui a émergé dans les années 1980 et qui est restée vierge et sauvage jusqu’au tournant des années 2000, avant d’être transformée par des promoteurs immobiliers en quartier ultra-moderne et ultra-luxueux pour ultra-riches. Là travaillent de jeunes hommes, dont Bora, 18 ans, venu de sa campagne natale où il a laissé une mère malade, et qui retrouve son frère aîné, disparu depuis 5 ans. Bora y fait la connaissance de quelques garçons avec qui il sympathise et de jolies filles dont la douce Aza. "Diamond Island" est un drôle de film, plastiquement très beau, avec ses couleurs pop et son contraste entre la réalité du chantier et la poésie des virées nocturnes en scooter dans la ville. "C’est où l’Égypte ?" demande un jeune garçon à qui Bora répond : "En Europe", avant que son amoureuse, plus informée mais sans arrogance ne lui parle de l’Afrique. Des jeunes coupés du monde et pourtant attirés par l’ailleurs, un exotisme de l’Égypte ou de l’Amérique, et qui vivent sur une parcelle du Cambodge en devenir Qatar. Film d’apprentissage, "Diamond Island" dit les rêves et les désillusions de cette jeunesse qui se cherche un avenir dans le présent. c’est un film très doux, très calme et pourtant ce qu’il raconte ne l’est pas, de ces "jeunes cools" amnésiques, attirés par les gadgets du présent, les iphones, le karaoké, les boîtes de nuit, les virées à motos et le luxe clinquant d’une modernité artificielle, mais oublieuse de son passé dont il n’est jamais question.

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