Actualité des migrations (2018-2021) », suite

Réfugiés ukrainiens, conduits à Schwerin pour faire enregistrer leurs données personnelles et biométriques, 4/05/2022, Mecklenburg, Poméranie Occidentale
Réfugiés ukrainiens, conduits à Schwerin pour faire enregistrer leurs données personnelles et biométriques, 4/05/2022, Mecklenburg, Poméranie Occidentale ©Getty - réfugiés seront amenés à Schwerin pour faire enregistrer leurs données personnelles et biométriques. PhotoJens Büttner/photo alliance via Getty Images)
Réfugiés ukrainiens, conduits à Schwerin pour faire enregistrer leurs données personnelles et biométriques, 4/05/2022, Mecklenburg, Poméranie Occidentale ©Getty - réfugiés seront amenés à Schwerin pour faire enregistrer leurs données personnelles et biométriques. PhotoJens Büttner/photo alliance via Getty Images)
Réfugiés ukrainiens, conduits à Schwerin pour faire enregistrer leurs données personnelles et biométriques, 4/05/2022, Mecklenburg, Poméranie Occidentale ©Getty - réfugiés seront amenés à Schwerin pour faire enregistrer leurs données personnelles et biométriques. PhotoJens Büttner/photo alliance via Getty Images)
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Que nous a appris la crise liée à la pandémie de la covid sur les migrants ? Demande François Héran. Le sociologue-démographe analyse ce que peut révéler l’analyse des titres de séjour, dans le contexte de la montée de la migration, à partir des années 2000, indépendamment des régimes politiques.

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Pourquoi, selon le chercheur, l’idée que l’immigration irrégulière est un ennemi de l’immigration légale, n’a-t-elle pas de sens et n’aide pas à comprendre ce qui se passe dans les faits ? Qu'est ce qu'on peut faire face à des arguments très simples qui sont cristallisés dans une formule, comme « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » et de quelle façon faut-il plus qu'une phrase, pour rétablir la vérité des faits et des mouvements ? S’interroge encore le démographe

Ancien normalien, au riche parcours en sciences sociales, François Héran a dirigé de 1993 à 1998, la division des enquêtes et études démographiques de Institut national de la statistique et des études économiques, puis de 1999 à 2009, l'Ined (Institut national d'études démographiques). Il est actuellement titulaire de la chaire «  Migrations et sociétés » au Collège de France et il dirige l ’Institut Convergences Migrations.

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Dans la série de cours donnés fin 2021, François Héran a ouvert une grande enquête sous le titre, «  L'immigration en débat », dans laquelle il propose après une actualisation des faits et des données par temps de covid, d’analyser "la rhétorique, les arguments, les disputes et les polémiques", liées aux questions migratoires.

Dans le cours précédents, il est revenu sur les images récurrentes mais fausses et il a achevé cette première partie sur la situation migratoire au tournant des années 2000-2020.

Pour le magazine L’obs, en avril 2022, François Héran notait à propos des passions et des débats qui entourent les questions migratoires :

« Il y a un illettrisme statistique, aucune maîtrise des instruments de base. On balance des chiffres, des lieux communs sans mise en perspective. Quand on regarde les chiffres, nous ne sommes pas submergés le ‘grand remplacement’ est une chimère. Ne mettrait-on qu'un dixième des efforts de pédagogie déployés sur le Covid au service de l’immigration, bien des idées reçues tomberaient d’elles-mêmes, souligne le sociologue-démographe. La pédagogie est le seul moyen d’éviter la démagogie, conclut-il »

En janvier 2022, François Héran expliquait également, dans le journal Le Monde :

"En 2021, les préfectures ont délivré 272 000 premiers titres de séjour à des étrangers hors Union européenne. Si l’on enlève la migration saisonnière, cela fait 265 000, soit 0,4 % de population supplémentaire, dont il faut défalquer les départs et les décès. Nous sommes sous la moyenne européenne et sous la moyenne de l’OCDE. Les chiffres absolus maniés dans le débat public n’ont aucun sens, il faut raisonner en proportion, comme on le fait désormais pour les statistiques de santé publique. Même chose pour les demandes d’asile : de 2014 à 2020, l’Union européenne élargie en a enregistré 5,6 millions. C’est impressionnant à première vue, mais pour un ensemble de 524 millions d’habitants, cela augmente la population de 1,1 % en sept ans, si l’on fait l’hypothèse que tous les déboutés restent. En France, la proportion est de 1 %. Rien à voir avec une « invasion ».

C’est à cette approche raisonnée, factuelle et en proportion que François Héran nous initie dans le cadre de sa série, tout en réfléchissant sur les chausse-trapes des discours et des métaphores.

Nous gagnons le Collège de France le 29 octobre 2021 pour la première partie de cette heure, puis le 5 novembre pour la 2e partie, de l’exposé de François Héran, aujourd’hui, « En guise d'introduction : actualité des migrations (2018-2021) », suite

Pour prolonger

François Héran a notamment publié « Parlons immigration : en 30 questions », aux éditions, la Documentation française, en 2021.

Sa leçon inaugurale, « Migrations et sociétés » est publiée chez Fayard avec le Collège de France et disponible en édition électronique.

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