Antoine Compagnon et Florence Aubenas : lignes de front : épisode 2/10 du podcast Séminaire De la littérature comme sport de combat (suite) -

Détail couverture du livre de F. Aubenas, "Le quai de Ouistreham" / French journalist Florence Aubenas during International Festival of Geography 2015 in Saint-Dié-des-Vosges.
Détail couverture du livre de F. Aubenas, "Le quai de Ouistreham" / French journalist Florence Aubenas during International Festival of Geography 2015 in Saint-Dié-des-Vosges.  - Points / Wikicommons / Pymouss
Détail couverture du livre de F. Aubenas, "Le quai de Ouistreham" / French journalist Florence Aubenas during International Festival of Geography 2015 in Saint-Dié-des-Vosges. - Points / Wikicommons / Pymouss
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Comment devient-on correspondant de guerre? Demande Antoine Compagnon. Du Rwanda à l'Irak, qu'est-ce qui a changé? Quand il y a "crise du réel" et "crise de la presse", "qu’est-ce qu’on fait de soi"? demande la grande reporter, Florence Aubenas. Et comment faire pour raconter la guerre économique?

Avec
  • Florence Aubenas Grand reporter pour "Le Monde" et essayiste
  • Antoine Compagnon Professeur au Collège de France depuis 2006, titulaire de la chaire de Littérature française moderne et contemporaine

Quelles sont les mutations du journalisme de guerre, dans les années 1990-2000, du génocide du Rwanda à la 2e guerre d’Irak et aux conflits actuels, la Syrie ? Pourquoi Florence Aubenas a-t-elle refusé de raconter son expérience d’otage ? 

Antoine Compagnon, titulaire de la chaire "Littérature française moderne et contemporaine : Histoire, critique, théorie", au Collège de France nous invite à rencontrer dans le cadre de son séminaire, lié à sa série " De la littérature comme sport de combat", la journaliste-écrivain, Florence Aubenas.  

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Nous poursuivons aujoud’hui, l’interrogation ouverte hier en compagnie de l’écrivain Emmanuel Carrère des rapports entre littérature et journalisme, des récits de vie à la première personne, de l’interrogation sur la façon d’appréhender un réel complexe, un monde confus, du reportage au grand récit développé dans un livre… 

Reporter de guerre et chroniqueuse de la "France d’en bas", Florence Aubenas explique, dans _Le Monde_en 2010, au moment où parait son livre-enquête Le Quai Ouistreham

"Mon boulot, c’est de faire avec le réel. De voir les choses à hauteur d’être humain".

Dans le contexte du monde du travail et d’une crise économique "toujours là, omniprésente et intangible à la fois",  la journaliste cherche à "raconter cette France qui ne s’en sort pas". 

Un lecteur croisé dans le train lui demande, compatissant, si elle n’en a pas marre de faire les "chiens écrasés", rapporte-t-elle dans son recueil d’articles, En France. Or note-t-elle :  

"Il se trouve que la plupart des chiens écrasés que je rencontre sont en fait des humains écrasés".

Dans une interview de 2010, au journal La Vie, "Comment raconter la précarité", Florence Aubenas remarquait :

"Nous avons collectivement un problème avec le réel. J’ai été frappée par le fait que parmi les précaires que j’ai rencontrés et qui sont tout de même les premiers concernés par la crise, certains la nient". "Pour moi ce qui fait la différence entre la démarche journalistique et la fiction, c’est que le journaliste ne maitrise pas l’histoire, ni les gens, ni la fin de son récit. J’écris sur une matière qui m’échappe et cet exercice d’équilibriste du journaliste me plaît. Le Quai de Ouistreham m’a appris à renoncer au contrôle total. Le réel m’a pour le coup dépassé. Avec toute l’humilité que cela implique." 

Mais tout de suite, elle répond aux questions d'Antoine Compagnon, sur la façon dont elle est devenue correspondante de guerre, comment son métier a évolué, son va-et-vient entre les pays en guerre et la France. Elle explique :

"Je n'aime pas être un journaliste hors sol dans mon propre pays."

Et nous gagnons tout de suite l’amphithéâtre du Collège de France, le  16 janvier 2018, pour le séminaire d’Antoine Compagnon, aujourd’hui, "lignes de front avec Florence Aubenas"

Florence Aubenas sur l’accélération du changement de perception des correspondants de guerre en Syrie, du visage de la liberté à la déception et à la prise d'otage

4 min

Pour prolonger :

Les livres de Florence Aubenas
Les livres de Florence Aubenas
- Points / Seuil / Bayard

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