3 photographies, tirage de démonstration de l'Atelier Nadar : Charles Baudelaire, Jules Janin et Granier de Cassagnac
3 photographies, tirage de démonstration de l'Atelier Nadar : Charles Baudelaire, Jules Janin et Granier de Cassagnac
3 photographies, tirage de démonstration de l'Atelier Nadar : Charles Baudelaire, Jules Janin et Granier de Cassagnac - Source gallica.bnf.fr / BnF / Atelier Nadar
3 photographies, tirage de démonstration de l'Atelier Nadar : Charles Baudelaire, Jules Janin et Granier de Cassagnac - Source gallica.bnf.fr / BnF / Atelier Nadar
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Résumé

Comment l’éreintage ou l’éreintement, cet art de casser les reins et de démolir ce qui est en vue est-il un art essentiel dans la guerre littéraire, demande Antoine Compagnon ? L’épigramme est-il "l’acier du bon mot" et comment tuer à distance ?

avec :

Antoine Compagnon (Professeur au Collège de France depuis 2006, titulaire de la chaire de Littérature française moderne et contemporaine).

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Nouvelle diffusion du 1er septembre 2017

En quoi Baudelaire est-il un poète-journaliste et un "éreinteur"?

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Antoine Compagnon, titulaire de la chaire « Littérature française moderne et contemporaine : Histoire, critique, théorie », nous entraîne cette semaine et la suivante dans une grande exploration des tropes de la guerre « civile » et littéraire dans le cadre de sa série intitulée, « De la littérature comme sport de combat » au XIX e siècle.

Les écrivains et hommes de presse s’affrontent en mots acerbes, à la pointe de la plume, qui est comme une épée et c’est bien cette métaphore qui prend un sens tout matériel avec l’apparition de la plume d’acier pour écrire vers 1830, que notre spécialiste de Montaigne et de Baudelaire analyse, de cours en cours, d’extraits en extraits. On croise des personnages de fiction, un Lucien de Rubempré dans Les Illusions perdues de Balzac, les vrais rédacteurs et critiques de cet âge d’or de l’escrime littéraire, les Jules Janin, les Daumier, un Adolphe Granier de Cassagnac, rédacteur au Journal des Débats, fondateur du Globe, les souvenirs de Champfleury sur l’éreintage, les bons mots meurtriers du Figaro ou du Corsaire Satan… Avec l’analyse de l’épigramme en deuxième partie de cours, le lien avec le XVIIe siècle est mis en valeur de Voiture à Cyrano et cette réappropriation du poème satirique qui s’achève par un trait d’esprit, les vers en moins, cet art de la vengeance, de l’exécution à distance par un « coup de plume » comme « un coup d’estocade », cite Antoine Compagnon.

Mais en première partie, notre historien de la littérature s’attache à cet art d’éreinter, art « essentiel » et mot nouveau, « mot de métier », comme on l’a vu hier. La forme « éreintement » prolifère sous la plume des auteurs belliqueux qui cherchent à démolir les hommes en vue. Dans ce combat, Baudelaire est à la pointe et emploie plutôt le mot « éreintage ». C’est un art d’une extrême violence, on parle de « livre à tuer ».

"C’est bien une exécution, une décapitation", dit Antoine Compagnon.

Il souligne comment le poète-journaliste a fait ses armes dans la presse et Dans ses spleens numériques, Antoine Compagnon rappelle :

"Baudelaire était un enfant de la presse. Il avait quinze ans en 1836, quand les premiers quotidiens de grand format et à grand tirage virent le jour, La Presse d'Émile de Girardin, Le Siècle d'Armand Dutacq. (…) Ce fut une révolution technique et morale aussi brutale, aussi troublante que depuis lors l'avènement de la radio, de la télévision, etc…"

Voilà pour le contexte, mais Antoine Compagnon rappelle encore que

"Baudelaire a vécu de la presse. » et que s’il a pu « qualifier Sainte-Beuve de poète journaliste », Baudelaire « lui-même l’a été bien davantage », « apprenant son métier dans les petits journaux, ces feuilles littéraires satiriques d’avant-garde, mais aussi cherchant à placer ses poèmes en vers ou en prose, ses salons, ses essais dans les journaux à grand format ». « Scandalisé par la presse », Baudelaire était cependant fasciné. Il l’a détestée mais il n’eût jamais de cesse d’y publier."

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 31 janvier 2017, pour le cours d’Antoine Comagnon, « De la littérature comme sport de combat », « aujourd’hui, De l’éreintage et des épigrammes »

Références

L'équipe

Merryl Moneghetti
Coordination
Anne Sécheret
Réalisation