Docteur Barrachin, ex-membre du Conseil d'utilité publique près la Porte Ottomane, Directeur de la Revue Orientale, et secrétaire général du Comité pour l'émancipation des populations chrétyiennes et nisraélites d'Orient - Charles Vogt
Docteur Barrachin, ex-membre du Conseil d'utilité publique près la Porte Ottomane, Directeur de la Revue Orientale, et secrétaire général du Comité pour l'émancipation des populations chrétyiennes et nisraélites d'Orient - Charles Vogt
Docteur Barrachin, ex-membre du Conseil d'utilité publique près la Porte Ottomane, Directeur de la Revue Orientale, et secrétaire général du Comité pour l'émancipation des populations chrétyiennes et nisraélites d'Orient - Charles Vogt
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Résumé

Qui était le Docteur Barrachin, chirurgien-entrepreneur, passé par la Perse et l'Algérie, avant de rencontrer l’Empire ottoman, au tournant de 1838-1839 ? Comment cet éclairé, un peu illuminé, au service de l’égalité entre les nations, s’immisce-t-il dans la grande histoire ottomane des Tanzimat ?

avec :

Edhem Eldem (professeur d'histoire à l'Université de Bogaziçi à Istanbul, titulaire de la chaire internationale d'histoire turque et ottomane au Collège de France).

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Nous voici presque au terme de la série qu’Edhem Eldem consacre à "L’Empire ottoman et la Turquie face à l’Occident, de 1839 à 1856", l’ère des Tanzimat, le temps des réformes. L'historien est revenu sur les modalités du décret des Tanzimat et les phénomènes qui en ont découlé, « engagement dans la voie de la modernité, fascination pour la civilisation occidentale, questionnements sur l’avenir d’un empire pluriethnique et pluriconfessionnel », où la question de l’égalité des sujets trouve une première tentative de réponse dans le décret de1839. 

Cette semaine, l’historien a montré que les innovations institutionnelles et culturelles avaient souvent tourné court : 

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« Malgré cette superficialité, les exploits des Tanzimat restent spectaculaires sous bien des aspects. De manière systématique et consciencieuse, ses hommes d’État s’attelèrent à la tâche d’établir une administration et une codification capables d’instaurer l’État de droit, sans pour autant lâcher prise sur un modèle de gouvernance extrêmement conservateur. C’était une véritable gageure qu’ils parvinrent à relever en grande partie, malgré des difficultés inhérentes à la nature même de l’entreprise. Moderniser l’Empire, le restructurer à l’aune d’un modèle qui lui était étranger et dont les bases n’étaient pas encore jetées, c’était un peu jouer à qui perd gagne. »

Titulaire de la chaire internationale d'Histoire turque et ottomane au Collège de France, Professeur à l’université anglophone de Boğaziçi, Edhem Eldem qui a enseigné aussi bien aux Etats-Unis qu’en France, défend une approche plurielle de l’empire ottoman, qui mêle histoire générale et micro-histoire, au plus plus près des documents. 

Dans le cours précédent, réfléchissant sur l’iconographie et sur ce qui pourrait relever de la propagande ottomane égalitaire, il a présenté une image qu’il aime beaucoup, où figure au centre le drapeau tricolore, avec sa portée révolutionnaire au XIXe siècle, une image porteuse d’un symbolisme, avec la mention des « droits égaux », qui renvoie aux Tanzimat, la représentation des trois religions avec une croix, un croissant et la table des lois sur le drapeau. Enfin, regroupés en cercle autour de la hampe du drapeau, sont représentés un Occidental, un Ottoman, un Grec, un Arménien et un Juif. En faisant l’archéologie de cette image qui lui résiste encore, Edhem Eldem en a découvert le « distributeur », un certain docteur Barrachin… 

Voici notre personnage. Est-il « éclairé », inspiré par le Saint-Simonisme? Est-il un peu charlatan ? De quelle manière, comme d’autres Occidentaux,  veut-il transformer le monde autour de lui et trouve-t-il en Orient une terre fertile pour ce genre d’expériences ? Pourquoi s’est-il trouvé à l'initiative de la loi interdisant l'avortement dans l’Empire ottoman? Nous le suivons de Paris à Istanbul, de son discours d'égalité entre les nations, à celui de l'émancipation des chrétiens, avant d’ouvrir en fin de cours le dossier des réformes de 1856.

Nous gagnons le Collège de France le 14 février 2020, aujourd’hui « Empire, nation, égalité : le Dr Barrachin au Pays des Tanzimat ».