Pillage de Babylone, 2008 ; les forces de la coalition ont une de leur base sur le site archéologie d'Ur. La présence d'artillerie lourde et les attaques des insurgés fragilisent le site, dont la ziggourat
Pillage de Babylone, 2008 ; les forces de la coalition ont une de leur base sur le site archéologie d'Ur. La présence d'artillerie lourde et les attaques des insurgés fragilisent le site, dont la ziggourat ©Getty - Véronique de Viguerie
Pillage de Babylone, 2008 ; les forces de la coalition ont une de leur base sur le site archéologie d'Ur. La présence d'artillerie lourde et les attaques des insurgés fragilisent le site, dont la ziggourat ©Getty - Véronique de Viguerie
Pillage de Babylone, 2008 ; les forces de la coalition ont une de leur base sur le site archéologie d'Ur. La présence d'artillerie lourde et les attaques des insurgés fragilisent le site, dont la ziggourat ©Getty - Véronique de Viguerie
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Quelle est l’histoire des fouilles du site de la ville d’Ur depuis 1854 ? s’interroge l’assyriologue, Dominique Charpin. Qui était l’archéologue Woolley, au temps du mandat de la Grande-Bretagne sur l’Irak ?

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Comment les différentes campagnes de fouilles de Wolley marquent-elles une période majeure de l’histoire du site, entre 1922 et 1934 ? Quelles étaient les relations du grand archéologue avec les épigraphistes ? Comment sa dessinatrice s’est-elle retrouvée dans un roman d’Agatha Christie et comment Woolley pour protéger des objets précieux a-t-il eu recours à un télégramme écrit en latin ?

Woolley tenant le moule en plâtre d'une lyre ; Source: Treasures from the Royal Tombs of Ur edited by R. Zettler and L. Horne
Woolley tenant le moule en plâtre d'une lyre ; Source: Treasures from the Royal Tombs of Ur edited by R. Zettler and L. Horne

Entre petite et grande histoire, l’assyriologue Dominique Charpin, titulaire de la chaire « Civilisation mésopotamienne », explore entre hier et aujourd'hui, « La ville d'Ur à l'époque paléo-babylonienne ». Il ouvre cette nouvelle série de cours par l’histoire des fouilles et des publications qui y sont liées, « en décrivant les principales découvertes ainsi que les changements dans les méthodes de recherche ». Enseignant-chercheur, homme de terrain et homme de textes, mais aussi homme de l’ère numérique, il présente en fin d’heure, le projet récent « Ur-online » et dans le cours suivant celui « EcritUr ».

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Après des études d’histoire, d’archéologie et de philologie à la Sorbonne, Dominique Charpin qui s’est pris de passion pour la région de l’ancienne Assyrie, suite à des voyages de classes en Turquie et en Syrie, s’est spécialisé sur la Mésopotamie au deuxième millénaire avant J.-C., l’époque « paléo-babylonienne » qui est dominée par la figure illustre du roi Hammu-rabi.

 La tour à étages (ziggourat) qui domine le site d'Ur
La tour à étages (ziggourat) qui domine le site d'Ur
- Dominique Charpin

Dans son livre, La vie méconnue des temples mésopotamiens, publié en 2017, Dominique Charpin revient sur le sens de sa démarche, de ses premiers travaux à son enseignement au Collège de France, entre recherches de terrains, travaux sur les sources et rédactions.

« Mon expérience de l’archéologie orientale a débuté par la fouille du temple du dieu Soleil, à Larsa, en 1974, à laquelle j’eus la chance d’être associé par Jean-Louis Huot, alors que je débutais mon année de maîtrise. Plus tard, je fus amené à m’intéresser de manière approfondie au grand sanctuaire d’Ur, dont j’étudiais le clergé dans ma thèse d’Etat. (…) Si j’ai décidé de consacrer aux temples mésopotamiens ma première année de cours au Collège de France, en 2014-2015, c’est avant tout parce qu’un tel thème me fournissait une occasion privilégiée d’aborder un aspect essentiel de la civilisation mésopotamienne de manière globale, en combinant les informations des textes avec les témoignages matériels des fouilles. Il convient en effet de « dépasser les frontières », selon le beau mot d’ordre du CNRS. Celles qui séparent les archéologues, des épigraphistes, n’est d’ailleurs pas la seule : à l’intérieur même de l’assyriologie, les spécialistes de la littérature ne voient pas toujours ce que les documents d’archives peuvent apporter, et la nécessaire spécialisation coupe trop souvent la sumérologie du reste du domaine cunéiforme. (…)

Dans le cours d’aujourd’hui, il rappelle que l’archéologue « Woolley a toujours eu à cœur de toucher le grand public ».

Et lui-même s’inscrit dans cet esprit : « J’ai souhaité rendre ce livre accessible à un public de non spécialistes, comme l’avait été mon cours, selon la tradition du Collège de France dont la mission est ' d’enseigner la recherche en train de se faire' . »

Le bitume employé comme mortier qui explique le nom moderne du site (Tell al-Muqayyer = « la colline (Tell) du bitume »)
Le bitume employé comme mortier qui explique le nom moderne du site (Tell al-Muqayyer = « la colline (Tell) du bitume »)
- Dominique Charpin

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 4 avril 2018,  pour le cours de Dominique Charpin intitulé " La ville d'Ur à l'époque paléo-babylonienne", aujourd’hui « Histoire des fouilles et des publications »

Pour prolonger

Dominique Charpin a publié aux Belles Lettres

-En quête de Ninive : des savants français à la découverte de la Mésopotamie (1842-1975) en 2022

- Tu es de mon sang Les alliances dans le Proche-Orient ancien en 2019

Retrouvez l'ensemble des cours de Dominique Charpin sur le site du Collège de France