Panneaux solaires de 6 MW sur un terrain de 11 hectares dans la Drôme, en France, installés en 2011 (avec une durée d'exploitation prévue de 30 ans)
Panneaux solaires de 6 MW sur un terrain de 11 hectares dans la Drôme, en France, installés en 2011 (avec une durée d'exploitation prévue de 30 ans)
Panneaux solaires de 6 MW sur un terrain de 11 hectares dans la Drôme, en France, installés en 2011 (avec une durée d'exploitation prévue de 30 ans) - Photo prise par Alain Van den Hende en 2018 / wikicommons
Panneaux solaires de 6 MW sur un terrain de 11 hectares dans la Drôme, en France, installés en 2011 (avec une durée d'exploitation prévue de 30 ans) - Photo prise par Alain Van den Hende en 2018 / wikicommons
Panneaux solaires de 6 MW sur un terrain de 11 hectares dans la Drôme, en France, installés en 2011 (avec une durée d'exploitation prévue de 30 ans) - Photo prise par Alain Van den Hende en 2018 / wikicommons
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Résumé

Confrontés aux défis du réchauffement climatique, jouons-nous à la roulette russe, quand il s’agit de donner une valeur au carbone, aujourd’hui et à l’avenir ? S’interroge l’économiste Christian Gollier.

avec :

Christian Gollier (Economiste de l’incertain et directeur de l’Ecole d’économie de Toulouse).

En savoir plus

Faut-il faire confiance aux progrès scientifiques pour retarder nos efforts dans l’attente de l’émergence de technologies de décarbonation peu chères ? Ou l’urgence et la prudence doivent-elles nous obliger à agir tout de suite quel qu’en soit le coût social ? Demande encore notre chercheur-enseignant.

Titulaire d'un doctorat en économie, et d'une Maîtrise en mathématiques appliquées de l'Université de Louvain, Christian Gollier, qui est directeur de l’Ecole Economique de Toulouse mène ses "recherches des domaines de l'économie de l'incertain à l'économie de l’environnement, en passant par la finance, la consommation, l'assurance et l'analyse des coûts-bénéfices, avec un intérêt particulier pour les effets durables à long terme". Cette richesse d’approche s’entend dans la série de cours qu’il propose au Collège de France sous le titre "Fin du mois et fin du monde : comment concilier économie et écologie ?", dans le cadre de la chaire annuelle "Avenir commun durable", dont il est titulaire en 2022.

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L’économiste nous propose une sorte de boîte à outils pour nourrir pédagogiquement le débat afin de pouvoir pousser les producteurs et les consommateurs à intégrer dans leurs décisions les dommages engendrés sur l’environnement.

A la fin du cours précédent, Christian Gollier a expliqué : "j'essaye de vous convaincre qu'un prix du carbone, par exemple une taxe carbone, c'est une solution intelligente, pour réorganiser la société, en préservant les libertés et en même temps en alignant des intérêts privés avec l'intérêt général". Or ce "mécanisme pose une myriade d'incompréhensions de la part du public". Aujourd'hui, a poursuivi le chercheur, "je pense qu'il y a vraiment besoin d'avoir un débat. Mais ce débat qui est en cours reste compliqué s'il n'est pas porté par les politiques, parce que la taxe carbone est un sujet de friction au sein de la société française. C’est en partie due à des incompréhensions et en partie due, à l’utopie d'une transition énergétique sans coût".

Christian Gollier le répète, cours après cours et tribune après tribune, cette transition heureuse n’existe pas. Outre le prix à donner au carbone, il a également montré dans les cours précédent, si l’on veut que l’effort soit collectif et sans exception, que "La réponse, c'est l'ajustement carbone aux frontières".

"Il faut affronter la réalité, dit-il*. Avoir un discours de vérité. Comment Winston Churchill a-t-il réussi à faire adhérer son peuple en 1940 en promettant du sang et des larmes? Nous ne considérons pas que nous sommes en guerre contre le changement climatique, alors qu'on le devrait".*

Aujourd’hui, Christian Gollier propose de montrer de quelle façon "les décroissantistes et les techno-optimistes divergent radicalement dans l’évaluation des capacités de la science à réduire massivement les coûts de la décarbonation de nos économies."

Nous gagnons le Collège de France le 19 janvier 2022, pour le cours de Christian Gollier, aujourd’hui, "Incertitudes technologiques majeures pour l'objectif 2°C"

Pour prolonger :

Christian Gollier a notamment publié :

  • Entre fin du mois et fin du monde : économie de nos responsabilités envers l’humanité, Fayard, juin 2022
  • Le climat après la fin du mois, puf, 2019
  • Finance responsable pour une société meilleure, puf, 2019
  • Ethical Asset Valuation and the Good SocietyColumbia University Press, 2017
  • Le principe de précaution, co-écrit avec Nicolas de Sadeleer et François Ewald, puf%2C), 2013
  • Le choc des générations ? Dette, retraites, dépendance... , co-écrit avec Patrick Artus, Pierre-Yves Geoffard, Antoine Bozio, André Masson, Eric Maurin, Xavier Timbeau, Louis Chauvel, Luc Arrondel, La découverte , 2010
  • Le climat après la fin du mois : le coût de la transition écologique, Alpha, à paraître le 7 septembre 2022

Les documents, courbes, références évoqués par Christian Gollier dans son cours sont accessibles sous la rubrique support sur le site du Collège de France.