Introduction : actualité des migrations (2018-2021)

Immigrants attendant d'être contrôlés par la patrouille frontalière américaine, après le passage de la frontière, depuis le Mexique, 22/06/2022 (Yuma, Arizona)
Immigrants attendant d'être contrôlés par la patrouille frontalière américaine, après le passage de la frontière, depuis le Mexique, 22/06/2022 (Yuma, Arizona) ©Getty - Photo de Qian Weizhong/VCG via Getty Images
Immigrants attendant d'être contrôlés par la patrouille frontalière américaine, après le passage de la frontière, depuis le Mexique, 22/06/2022 (Yuma, Arizona) ©Getty - Photo de Qian Weizhong/VCG via Getty Images
Immigrants attendant d'être contrôlés par la patrouille frontalière américaine, après le passage de la frontière, depuis le Mexique, 22/06/2022 (Yuma, Arizona) ©Getty - Photo de Qian Weizhong/VCG via Getty Images
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De quelle façon le nombre de migrants progresse-t-il dans le monde, alors que leur proportion reste faible ? Pourquoi si peu de migrations internationales dans le monde ? Demande François Héran. Le démographe analyse quelles sont les images récurrentes, mais fausses concernant les flux migratoires

Enfin, comment l’immigration, en France, sur la longue durée, est-elle un reflet de l’histoire économique et juridique du pays ?

Normalien, polyglotte, agrégé de philosophie, les premiers travaux de François Héran ont porté sur la sociologie agraire et l’anthropologie historique et l’ont entrainé en Espagne, puis en Bolivie. De retour en France, il devient démographe-statisticien-sociologue à l’INSEE et à l’INED. Depuis 2018, François Héran, est titulaire de la chaire «  Migrations et sociétés » au Collège de France. Il dirige également l ’Institut Convergences Migrations.

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Pierre Rosanvallon, qui a été titulaire de la chaire Histoire moderne et contemporaine du politique de 2001 à 2018, au Collège de France, rappelle dans la préface de la leçon inaugurale de François Héran, comment à partir des années 1980, le chercheur s’est formé de manière « très approfondie à la statistique, ainsi qu’aux techniques de la démographie. » « Il a toujours œuvré inlassablement, là où il se trouvait, poursuit Rosanvallon, pour établir des bases de données chiffrées, toujours plus rigoureuses et toujours plus pertinentes. C’est avec cette exigence qu’il a contribué à refondre, dans le cadre de l’Insee, les bases de données majeures sur les trajectoires des migrants. Cette question des migrants a ainsi été mise, depuis une vingtaine d’années, au cœur de ses travaux dans une perspective pluridisciplinaire. »

Pour Pierre Rosanvallon, le parcours et l’approche pluridisciplinaires de François Héran font de lui « un chercheur en sciences sociales au sens le plus fort et le plus large du terme. Il n’est pas passé d’une discipline à l’autre, mais il a exploré et approfondi une compréhension globale du monde social qui lui a fait traverser en permanence les frontières disciplinaires » souligne encore le politologue.

C'est cette approche, sollicitant les travaux de différents domaines, avec curiosité et exigence, qui est au cœur de la série de cours que François Héran a donnés, fin 2021, à quelques mois de l’élection présidentielle, sous le titre «  L'immigration en débat : rhétorique et arguments, disputes et polémiques ».

Les cours proposés, dans ce cadre, au Collège de France, étant dans un format d’une heure trente, nous vous proposons cette semaine les deux cours d’introduction, que nous diffuserons en 3 émissions. François Héran y présente son projet d’enquête autour de l'analyse des discours, tandis qu’il revient sur « l’actualité » et « la démographie des migrations par temps de Covid, entre faits, chiffres et débats ». Il s’attache également à « l’argument démographique dans les polémiques sur les migrations ». Pour rappel, sur le site du Collège de France, vous pouvez retrouver toutes les vidéos et les documents, les statistiques, les graphiques, les citations, les références de publications… présentés par François Héran.

Pierre Rosanvallon souligne que les travaux du sociologue-démographe sur les migrations et les sociétés, se déploient, dans un « domaine submergé par les passions et les préjugés, terrain pionnier de l’éclosion de ce que l’on appelle maintenant les faits alternatifs ou la post-vérité ». Il salue le « savant » et citoyen, libre, qui « contribue, nous dit-il, à ce que les faits se substituent aux fantasmes dans ce domaine », tout en rappelant que François Héran « a aussi joué un rôle scientifique décisif pour mettre le doigt sur l’inanité de certaines politiques publiques quand elles étaient décidées et mises en œuvre sous la pression d’idées reçues ».

Nous gagnons le Collège de France le 29 octobre 2021, pour le cours de François Héran, aujourd’hui, « En guise d'introduction : actualité des migrations (2018-2021) »

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