Homo erectus : mâchoire inférieure de Tautavel, département Pyrénées-Orientales (copie, Muséum Mauer, Allemagne) - Gerbil via Wiki Commons
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Résumé

Pourquoi relier les modalités de l’évolution humaine au développement ? Pourquoi s’est-on demandé jadis si l’homme était un mammifère néoténique ? Quelles hypothèses peut-on tirer de l’évolution du cerveau chez l’enfant ?

avec :

Jean-Jacques Hublin (Paléoanthropologue, professeur au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig, titulaire de la chaire Paléoanthropologie au Collège de France.).

En savoir plus

Que nous apprennent les différences de sevrage chez la femme humaine et chez la femelle chimpanzé ? Peut-on résoudre la question de la croissance somatique malgré la documentation lacunaire ?

La série de cours que Jean-Jacques Hublin, professeur invité au Collège de France consacre à la 1re sortie d’Afrique dans le cadre de sa chaire, Paléoanthropologie s’achève aujourd’hui avant d’aborder lundi une nouvelle série autour de « Néandertals et Dénisoviens ».

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Dans sa présentation, le chercheur, qui a créé et dirigé depuis 2004 le département d'Évolution humaine à l'Institut d'anthropologie évolutive Max Planck de Leipzig en Allemagne, explique :

Dès la fin du XIXe siècle, une attention particulière a été portée par les biologistes à l’altération des processus de croissance dans l'évolution humaine. Les modèles théoriques de la néoténie et de l'hypermorphose se révèlent cependant trop simplistes pour expliquer l’évolution anatomique de l'homme.

Dans un article, donné au Figaro en 2012, il remet en perspective :

Depuis des centaines de milliers d’années, on observe chez l’homme une interaction constante entre l’apparition de comportements acquis, inventés, et des changements biologiques qui parfois en résultent, parfois en sont la condition. Les progrès de la paléoanthropologie et de la génétique nous dévoilent chaque jour un peu plus de cette mécanique extraordinaire.

Sur les apports de la révolution technique et de son équipe en particulier dans l’étude de l’ADN, il rappelle :

Le séquençage du génome d’hommes fossiles, comme les néandertaliens, nous apprend que chez Homo sapiens, le cerveau est un « point chaud » du changement évolutif. Ce n ’est pas vraiment une surprise, si l’on considère l’importance grandissante de la technologie et de la complexité sociale chez l’homme moderne. Au cours des deux derniers millions d’années, l’augmentation en taille et en performance de notre cerveau n ’a toutefois pas été sans problème.

Jean-Jacques Hublin explique que ce cerveau est :

devenu un organe vorace en énergie et que la mise au monde d’enfant à gros cerveau est un casse-tête anatomique. Les trois quarts de notre croissance cérébrale se poursuivent après la naissance. L’environnement technique et social créé par l’homme lui permet d’avoir des nouveau-nés très immatures qui mettent de longues années à devenir adultes. En retour, la lente maturation d’un cerveau plastique dans un environnement plein de stimulations a augmenté encore ses capacités et rendu notamment possible le développement du langage. Alors que la femelle chimpanzé doit limiter les naissances et garder son petit près d’elle, la mère humaine sèvre rapidement son enfant et peut le confier aux adultes de son groupe qui vont l’aider à se développer.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours de Jean-Jacques Hublin, intitulé : "La première sortie d'Afrique", « L’évolution de l’enfance »le 25 novembre 2014.