La bataille du Moyen-Orient : épisode 8/16 du podcast Les crises d’Orient, l'hégémonie britannique 1926-1956

Syrie 1941 - Soldats anglais dans les ruines de Palmyre après avoir pris la ville occupée par la France de Vichy.
Syrie 1941 - Soldats anglais dans les ruines de Palmyre après avoir pris la ville occupée par la France de Vichy. ©Getty - (Photo by Time Life Pictures/British Official Photo/The LIFE Picture Collection
Syrie 1941 - Soldats anglais dans les ruines de Palmyre après avoir pris la ville occupée par la France de Vichy. ©Getty - (Photo by Time Life Pictures/British Official Photo/The LIFE Picture Collection
Syrie 1941 - Soldats anglais dans les ruines de Palmyre après avoir pris la ville occupée par la France de Vichy. ©Getty - (Photo by Time Life Pictures/British Official Photo/The LIFE Picture Collection
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Quelles sont les relations entre Français Libres et Britanniques au moment où la Grande Bretagne de Winston Churchill et d’Antony Eden choisit d’occuper la Syrie sous le mandat de la France vichyste ? S’interroge l’historien Henry Laurens.

Comment le général Spears, devenu le chef de la mission britannique devient-il un adversaire résolu de de Gaulle, alors qu’il était son champion au moment du ralliement à Londres ? Qu’est-ce qui se joue avec la bataille du Moyen-Orient ?    

Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire contemporaine du monde arabe », Henry Laurens  nous entraîne en pleine Seconde Guerre mondiale au Proche-Orient dans le cadre de sa série consacrée à " l'hégémonie britannique 1926-1956", dans la perspective de son interrogation des crises d’Orient, initiée l’an passé. 

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Ce grand récit-analyse a fait l’objet d’un premier livre publié chez Fayard sous le titre Les crises d'Orient. Question d’Orient et Grand Jeu (1768-1914), en 2017, et le deuxième volume qui reprend une grande partie de la série de cette année, doit paraître fin février avec comme sous-titre : La naissance du Moyen Orient 1914-1949

Dans le cours précédent, alors que la Grande Bretagne connaît des « heures très difficiles », en 1941, et que le Reich ne cesse de pousser son avantage, Henry Laurens a expliqué que : 

Le gouvernement de l’amiral Darlan s’est engagé fort imprudemment dans une collaboration militaire avec l’Allemagne nazie sans obtenir de véritables contreparties. 

Dès la fin mai, il tente de se dégager des protocoles de Paris. Il est trop tard pour le Levant. Le passage de l’aviation allemande par la Syrie et la livraison d’armes aux irakiens en ces heures tragiques font que la présence de Vichy au Proche-Orient ne peut plus être tolérée par les Britanniques. 

L’historien a aussi souligné que :

Depuis longtemps de Gaulle et Catroux plaident pour une opération militaire conjointe contre le mandat français, mais les responsables militaires britanniques au Moyen-Orient ne veulent pas en entendre parler en raison de la multitude d’engagements auxquels ils doivent faire face. 

Churchill, lui, souhaite la liquidation immédiate de la présence vichyste et les militaires doivent s’incliner.

note encore Henry Laurens, tandis que les bureaux du Foreign Office considèrent : 

Qu’il faut une déclaration allant dans le sens des aspirations arabes pour éviter, en particulier, que les Arabes de Syrie se montrent favorables aux projets des puissances de l’Axe, et reprennent l’idée d’une  fédération ou d’une confédération arabe. 

Alors qu’est-ce qui se joue en Syrie en juin-juillet 1941 ? s’interroge Henry Laurens en première partie de cours.

Puis dans un second temps, l’historien pose l’enjeu de l’invasion de l’Union Soviétique, qui fait apparaître le danger d’une marche allemande sur le Caucase pour s’emparer du pétrole de Bakou et prendre à revers les Britanniques du Moyen-Orient. 

Alors comment l’Iran de Reza Shah qui avait multiplié les ouvertures à l’Allemagne dans les années 1930, devient-il un problème pour les Britanniques ? 

Comment les Américains arrivent-ils massivement dans le monde arabe ? Comment Roosevelt manifeste-t-il son anti-colonialisme ? 

Qu’est-ce que la Charte de l’Atlantique ? 

Et nous gagnons le Collège de France le 5 décembre 2018.
 

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