Barnabé Visconti (illustration anonyme du XVIIIe siècle).
Barnabé Visconti (illustration anonyme du XVIIIe siècle). - Wikicommons
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Comment Bernabò Visconti devient-il, de son vivant-même, un personnage de fiction? Comment cette "novellisation du réel historique contamine"-t-elle "ensuite le récit historiographique"? s'interroge Patrick Boucheron.

Avec
  • Patrick Boucheron Historien, professeur au Collège de France, titulaire de la Chaire d’histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe-XVIe siècle)

Qu’est-ce que "le gouvernement de la grâce" et "l’aptitude à raconter" ? Les fictions forment-elles "un cercle de feu pour nous protéger de la peste"? S’interroge encore, Patrick Boucheron, titulaire de la chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIᵉ-XVIᵉ siècle.

Le médiéviste poursuit la réflexion sur les fictions politiques engagée en 2017. 

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Il s’agit "toujours de les envisager comme des formes narratives de la théorie politique, susceptibles de produire des effets de vérité sur le présent et d’en partager l’expérience à partir d’un passé historique".

Mais le médiéviste a choisi de se concentrer sur la novellistica italienne ; il s’est attaché à l’Italie médiévale et aux nouvelles toscanes. Depuis plusieurs séances, il a resserré la focale sur un cas historique et littéraire, Messire Bernabò Visconti, figure du tyran qui peut avoir des attraits. 

Ce "seigneur de Milan de 1354 à 1385, devient, de son vivant même, un personnage de novelle, incarnant un personnage inquiétant et grotesque qui se maintient comme tel un siècle durant, au fur et à mesure du développement du genre."

Patrick Boucheron propose donc, "à partir de maintenant, de parler des choses ainsi ": 

"ce que l’on cherche, c’est une inflammation du dire, l’histoire au feu de la fiction, comme une alerte d’incendie puisqu’il s’agit de donner des nouvelles de la tyrannie et il le fait au plus près des manuscrits."

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 27 mars  2018  pour le cours de Patrick Boucheron, aujourd’hui "Le cas Bernabò, 4e volet, L'histoire au feu de la fiction"